25 novembre 2014

Quand on peut rendre service, hein !

3145 - "Piège sur internet ?"

Il l'avait inclinée sur ses genoux. Un peu suffoquée, elle l'avait laissé faire, sans réagir, prise à son propre piège. Depuis le temps qu'elle attendait ça, elle allait pas reculer. Et pourtant......

Cette culotte dorée qu'il descendit avec toute la lenteur nécessaire était au moins d'aussi mauvais goût que sa chemise, les deux faisaient la paire. Il lui avait promis toute la soirée tant de fois cette première fessée qu'une fois au pied du mur, elle se sentit glisser dans une forme de trouble béat, le cœur battant, dans l'attente de sa décision.

Et de la première claque...

Pendant tout le repas, elle lui avait fourni plusieurs occasions de sévir, sans avoir à forcer le trait tant elle se sentait godiche sous son regard inquisiteur et un peu inquiétant, au final...

- "Alors euh... c'est vous... enfin, c'est toi, Stan ?" s'était-elle entendu prononcer en chevrotant, un peu gênée, au moment où il l'avait enlacée dans la rue, devant la petite brasserie non loin de la Bastille où ils s'étaient donnés ce premier rendez-vous...

Le type avait maugréé et lâché un "ben ouais, t'attendais quelqu'un d'autre ?" qui l'avait laissée coite. avant d'entrer dans le restaurant. Un peu fort, le cheveu gras, il sentait l'aigre et respirait bruyamment en l'observant, peu semblable à l'image qu'elle s'était construite de lui, depuis des mois qu'ils avaient installé cette relation virtuelle...

Mais quand faut y aller...

Pendant le dîner, elle avait quand même plusieurs fois eu la tentation de fuir, prétextant une urgence physiologique pressante, mais à chaque fois sa curiosité l'avait emporté et aussi le désir d'enfin recevoir cette fessée qu'elle espérait depuis qu'elle avait découvert l'existence du fantasme dans le numéro hors-série "spécial été" d'un féminin, l'année précédente...

Depuis, elle fréquentait blogs et sites dédiés dans l'espoir de franchir le pas "pour ne pas mourir idiote", comme disait tout le temps sa copine Véro, du service courrier, autre adepte du virtuel et des speed dating pourtant sans lendemain qui chantent... Elle avait jeté son dévolu sur un blog qui lui sembla plus attractif que d'autres et s'était prise de passion pour le maître des lieux, pourtant un inconnu total, mais qui avait un brin de plume suffisamment attractif pour être lu avec une ferveur un peu excessive et addictive...

Jusqu'à ce soir...

Son envie étant plus forte, ils quittèrent le restaurant après avoir partagé l'addition...

Elle l'avait entraîné chez elle, mis un peu de musique avec son iPhone à peine entrée dans le confortable trois pièces où elle vivait dans le Marais... Elle rit bêtement en le voyant affalé dans le canapé, son regard lubrique toujours plus ou moins en direction de sa croupe encore moulée dans une jupe un peu trop serrée pour être honnête...

- "Qu'est-ce qui te fait marrer comme ça, la miss ?" interrogea le fameux Stan, visiblement un peu agacé de la voir glousser comme une poule face à un couteau. Elle n'eut pas envie de lui dire qu'elle s'était brusquement imaginée jouant le rôle titre de la Belle et la Bête, et qu'il semblait être lui aussi fait pour interpréter le rôle masculin...

- "Bon, on y va ? J'ai pas toute la nuit, hein !" lança le blogueur à la fille interloquée. Saisie, troussée déculottée et claquée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire...

Temps mort... Elle reprend son souffle avant le second service, plus rapide et plus fort que le premier. Ne pouvant s'empêcher entre deux gémissements de moins en moins contenus de trouver qu'il y allait un peu fort mais que ce n'était pas désagréable...

La troisième fois sentant ses fesses en feu, elle fut contente que ça s'arrête. Reprenant son souffle sur la moquette où elle s'était laissée choir, elle le regarda remettre sa veste posément et aller vers la porte.

- "Euh, tu t'en vas déjà, Stan ?" dit-elle, interloquée...

- "Ouais, les meilleures choses ont une fin, hein. Et pis chuis mal garé, en bas..."

L'homme se rajusta avant d’ouvrir et de quitter l'appartement. Puis se ravisa et repassa la tête dans l'entrebâillement de la porte d'entrée...

- "Ah, au fait, il a pas pu venir, Stan... Du boulot en retard, des dessins à finir, à c'que j'ai compris... Moi, c'est Bob, mon petit nom. Chuis son voisin de palier, à ton pote du Net ! Salut la miss. Et merci pour tout, hein !"

11 commentaires:

  1. Un mot me vient à l 'esprit , en 6 lettres. Çà commence par un S et ça finit par un D. Je ne le prononce pas car je suis désespérément bien élevée

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    1. C'en est presque dommage. une personne "trop" bien élevée ne mérite que rarement la fessée, du coup...

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    2. Vous aurez compris qu'il s'agit d'une vue de l'esprit. L'envie d'écrire un truc comme ça, une connerie qui me passe par la tête...

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  2. J'ai très bien compris et me suis bien amusée. J'ai flairé l'embrouille à la description du Monsieur: "Un peu fort, le cheveu gras, il sentait l'aigre et respirait bruyamment en l'observant, peu semblable à l'image qu'elle s'était construite de lui, depuis des mois qu'ils avaient installé cette relation virtuelle..." Le coup de théâtre final, j'adore ça dans un histoire!
    In cauda venenum...

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    1. Alors in cauda venenum ? Se dit d’un texte ou d’un discours débutant gentiment et finissant soudainement sur un ton tranchant et méchant.

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    2. Je ne me suis souvenu qu'après avoir appuyé sur "publier" que le mot latin cauda, avait toutes les significations de son équivalent français! Humour involontaire!

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  3. @ZaB: Il va de soi que je ne suis pas un peu fort (bon faut que je me surveille quand même) que je n'ai pas le cheveu gras (ou alors si je suis en panne de shampoing) que je ne sent pas si aigre que ça ("Bleu" de Chanel, ça sent le graillon ?) et que si je respire bruyamment en l'observant, c'est que je suis enrhumé..

    ... à priori donc, semblable à l'image qu'elle s'était construite depuis des mois qu'ils avaient installé cette relation virtuelle... Qui ne l'est pas toujours. Même si...

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  4. Bon, sang toutes ces années de latin, pour croire à la lecture en traduisant à la louche que Zabelle m'expliquait posément et à distance que j'avais la queue venimeuse...

    Heureusement, un saut chez Wiki m'a suffit pour vérifier s'il fallait ou pas inoculer (hihi) un vaccin là où mes amies ont péché... (non, pas là... Là !)

    Dommage, faut pas !

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    1. ClaireFontaine26/11/14 14:01

      "Faut pas", c'est vous qui le dites... Les rumeurs (on sait qu'il n'y a pas de fumée sans feu... au c...) prétendent que vous inoculez beaucoup, quand même...

      Mais il ne fait pas croire tout ce qu'on entend, n'est-ce pas ?

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    2. @CF décidément pugnace et titilleuse, mes préférées...

      Non, faut pas...

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  5. ha parfois, qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ...

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