20 novembre 2008

Giardino et son Ego...

802 - Je vous ai parlé ce matin de "Little Nemo", je gage que vous ne connaissez pas tous le délicieux avatar qu'en a tiré le dessinateur italien Giardino, sous le titre "Little Ego"...

Il reprend le principe des rêves et du réveil en bas de page, mais sa jeune héroïne Ego fait évidemment des songes infiniment plus érotiques que ceux du gamin créé 90 ans plus tôt sous le pinceau du génial Winsor McCay.

Dans la BD originale, le petit Nemo ne passait pas une nuit sans cauchemarder et son réveil apparaissait alors comme une délivrance bienvenue.

Giardino
reprend la trame narrative de son illustre prédécesseur et s'amuse à la détourner. Comme dans l’original, l'héroïne se réveille au sortir d'un rêve, en sueur, les draps en désordre. Et pour cause...

Car la création de Giardino ne fait "que" des rêves érotiques dont elle s'éveille à chaque fois très perturbée. En cherchant bien, on pourrait sans doute y trouver une scène de fessée.

Mais Vittorio Giardino n'est pas Milo Manara...

Charmante brunette naïve et sensuelle, la demoiselle est pleine de pudeur et de retenue, mais ses nuits habitées de scènes érotiques la laissent pantelante au petit matin, troublée mais inquiète, taraudée par une seule et unique question, essentielle:

"Qu'en dira mon psy ?"

À noter qu'en couverture de la première édition (Glénat - 1994), Giardino pastichait une illustration originale, totalement dans l’esprit de Nemo, tandis que la seconde édition propose un nouveau dessin plus "cul", moins réussi à mon sens…

Dessins © Giardino

5 commentaires:

  1. Cette BD me rappel des tas de souvenirs... ou plutôt de sensations.

    En tout cas, je me souviens très bien du moment où je l'ai lu. Et ça me fait plaisir de la redécouvrir ici.

    Je devais avoir 13 ou 14 ans. J'étais en pleine période rebelle (avant l'âge), et j'avais décidé que l'école n'était pas faite pour moi. J'ai donc fait ce que tout rebelle raisonnable se devait de faire : l'école buissonnière (15 jours d'effilés. Je me suis sentis beaucoup moins fier et rebelle quand je me suis fait surprendre).

    Je partais le matin, enfilant mon cartable sur l'épaule, mais plutôt que de prendre le chemin du collège, je prenais celui d'un hypermarché à 30mm de chez moi.
    Je déposais mon cartable à l'accueil, et filais directe au rayon BD.
    Je crois que je n'ai jamais dévorant autant de lectures et d'images durant cette période. Je crois aussi que c'est à ce moment que le goût de lire s'est vraiment emparé de moi, sans plus me quitter.
    Mes premiers émois érotiques étaient apparus depuis longtemps, mais j'étais toujours en pleine interrogation sur le corps de la femme. C'est là que je suis tombé sur cette BD. Encore maintenant, je me demande comment elle n'était pas plutôt rangé dans un rayon pour adulte (mais j'ai longtemps béni le ciel que ce ne fut pas le cas). Chaque page tourné remplissais ma tête d'un véritable feu d'artifice, de sensations nouvelles et de découvertes sensuelles sur le corps de la femme. Cette BD m'a ouvert à l'érotisme, et m'a entraîné vers un autre auteur : Manara (j'ai d'ailleurs longtemps cru que c'était lui qui l'avait dessiné, même si je m'aperçois que les styles sont pourtant différents).

    Après, évidemment, je me suis fait choppé de mon absentéisme autant par l'école que par ma mère, et j'ai eu droit à la plus longue punition de toute l'histoire des punitions.
    Mon côté rebelle s'est calmé (un peu).

    Mais cela reste malgré tout un excellent souvenir.

    Peut-être que si je la relisais maintenant, je la trouverai un peu bof... Mais à l'époque, c'était une découverte révolutionnaire pour le petit bonhomme que j'étais.

    Merci d'avoir rafraîchit ma mémoire, E.

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  2. Pas de quoi, G.

    Et puis merci de ses souvenirs intimes qui sont le sel de la vie...

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  3. Comme 'Nemo' je ne connaissais pas. J'aime découvrir, ici.
    Et ce fantasme du 'rêve éveillé' est ancré chez beaucoup de femmes à ce qu'il s'en dit. Moi compris.
    P.S: Greg tu racontes très bien tes émois de jeune homme.

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  4. Je vous trouve bien sévère avec Giardino. On ne perçoit pas l'émotion d'une aquarelle de Manara, c'est certain. Mais tout de même, quelques sensations affleurent.
    J'aime bien la fille sur sa bulle de savon, et en cherchant bien, ma foi... cette petite rougeur...

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  5. Chère Miarka, vous avez raison. Mais je suis un fan d'un album de Giardino qui s'appelle "Vacances fatales"... Et si je suis "sévère" avec lui, c'est aussi - sachez-le - un auteur que j'admire.

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