1294 - Je n'aime pas le martinet.

Enfin, entendons-nous bien: je n'y suis pas opposé, mais je veux dire par là que je n'en ai pas l'usage et que je ne m'en suis jamais servi sur aucun séant mis à ma disposition.
Et ce malgré le prosélytisme effréné d'une de mes amies virtuelles, femme espiègle passionnée par la chose qui cherche régulièrement par mail à me convaincre de tenter l'expérience et entre en transe dès que l'on prononce le mot.
À chacun son univers, le mien est manuel et fonctionne sans le truchement des instruments.
Oh, je sais bien l'érotisme véhiculé par ces objets de cuir destinés aux fesses que sont triques, paddles et autres cravaches: même les mots excitent ! Et à peine évoqués, les yeux des demoiselles brillent, tout un univers se dessine, que je perçois, même s'il est probablement un brin trop
SM pour moi.
Et puis j'ai toujours trouvé que le contact de peau à peau était primordial, essentiel, envoûtant... Que ce serait dénaturer mon plaisir que de fesser autrement qu'à la main...
Mais c'est vrai... Jadis, à la demande expresse d'une amante qui me lança dans un souffle qu'elle voulait tâter de ma ceinture et exigea que je la
"fouette", j'ai tenté le coup...
Quelques claquements de cuir à cuir le mieux maitrisé possible, avant de reprendre la teinte
"à la main" pour obtenir un beau carmin. Et des traces de traces
(sic) trois jours durant, s'estompant lentement jusqu'à regagner la blancheur d'origine culière de
ma brune d'alors.
Intéressante approche.
Nous renouvelâmes quelques semaines plus tard,
au bord de la mer.

Une nuit chaude et un peu moite de mai, après avoir épuisé nos sens et avant une nouvelle reprise, elle se leva en me demandant que nous allions nous balader quelques minutes au dehors en plein air...
Elle et moi sortîmes donc du petit appartement
- loué une quinzaine pour abriter nos désirs - de la
résidence pour descendre par un étroit chemin
(lui aussi) en direction le ponton de la plage privée de la résidence sise en contrebas et à l'abri des regards, dans une minuscule crique traversée par le célèbre
"chemin des douaniers"...

L'endroit peu fréquenté le jour était encore plus tranquille à nuit noire, il était deux ou trois heures du matin... Juste le bruit des vagues... Le ressac.

Sans un mot, elle s'est avancée vers le petit ponton d'où plongeaient les baigneurs en journée, attrapant à deux mains les montants métalliques de l'échelle métallique scellée au bout pour permettre la descente dans l'eau comme on le fait en piscine.
Puis, en me tournant le dos, provocante, les fesses tendues en arrière et les bras en croix, elle a pris une posture d'offrande, devançant ma probable demande...
En attente, regardant l'horizon loin devant elle.
(vers la Corse ?)Sans un mot, j'ai relevé la robe légère et baissé le slip prestement d'un geste autoritaire, reculant ensuite d'un pas pour jouir du tableau proposé quelques secondes, en respirant lentement pour calmer le jeu et prendre mon temps. Ça fait partie du plaisir aussi... La belle, cul nu, offerte aux caresses du mistral, la peau frissonnante un peu en dépit de la chaleur.
Connaissant mes goûts et entendant le zip de mon jean, elle me dit juste avant que je ne me lance dans une approche pénétrante et sodomite
(à voir le tableau offert, je défie quiconque de n'y point songer...) en investissant ses fesses:
- "Non ! Ta ceinture... Fort !"La gorge sèche, j'ai fait glisser la bande de cuir large et fauve hors des passants et j'ai claqué le cul insolent une douzaine de fois, les deux derniers coups lui arrachant des cris moins étouffés... Elle n'a pas lâché une seule fois les montants de l'échelle, mais il m'a semblé que celle-ci fermement tenue a commencé à se desceller un tout petit peu... Nous n'y avons pas prêté attention plus que ça.

Alors seulement nous nous sommes étreints et avons continué la promenade. Elle frottait de temps à autre et sans se plaindre ses fesses toutes rouges et endolories par dessus sa robe légère, une larme coulait même le long de sa joue. Fière d'elle, la folle...

J'ai bien aimé le moment
(et la dame, évidemment...) mais ce passage "
instrumental" est resté l'exception.
L'année suivante, nous sommes retournés dans le Sud. On nous avait proposé l'appartement de nouveau...
Sitôt arrivés, avant même la moindre étreinte et pour reprendre "possession" des lieux que nous avions occupés l'année d'avant, nous sommes descendus sur le petit ponton, théâtre de nos exploits nocturnes.
Et là, elle a pouffé en s'approchant du bord pour regarder au fond de l'eau...
Je l'ai rejointe, pour regarder à mon tour.
Trois ou quatre mètres plus bas à la base du ponton, dans l'eau transparente, gisait l'échelle de métal, descellée pour de bon...
Dessin © Paula Meadows
Photos © Résidence Athena - Bandol