08 septembre 2009

Erreur de casting, porte d'Auteuil...

1191 - Vous le savez, en matière de fessées ou de SM soft, je n'aime guère les fictions et préfère les histoires vraies. En clair, je privilégie le vécu plus que le fantasme. Les fessées "inventées" me laissent de marbre et seules les émotions que l'on ose dans la "vraie vie" me troublent vraiment...

De temps en temps, je reçois par mail un petit texte de mon amie Kate...

Sa vision des choses, souvenirs d'instants parcellaires, troubles des jeux et plaisirs passés vécus avec ou sans moi, sont ainsi littérairement remis sur la sellette à l'aide de quelques phrases sans concession où tout est dit simplement, sans fioritures.

Des faits réels, précis, retranscrits comme ils se sont passés, sans vouloir faire joli à tout prix... Du travail de journaliste ou de l'écrivain qu'elle est dans l'âme. Un jour, c'est sûr, vous lirez ses livres. En attendant, je sais qu'elle n'est pas très "fière" de ce qui suit...

Même dix ans plus tard.

Bref, histoire d'une erreur de distribution. Comme quoi il ne faut jamais se forcer à faire pour faire, ni se tromper de rôle. Mais la chair est faible.

"Je ne sais même plus comment tout a commencé.

Sur un réseau téléphonique, il me semble. Remets-toi dans l'esprit d'une époque sans Internet... Je suis sûre que tu t'en souviens.

Donc
Katia, 19 ans, post-rupture douloureuse, accumule les conneries, qu'elle nomme "expériences" pour faire bien.

Quelques heures de communication téléphonique plus tard, rencontre porte d'Auteuil avec un homme d'une trentaine d'années.


Je ne l'invite pas dans mon "réduit", mal insonorisé. Lui m'offre un café au Congrès, l'une des brasseries de la place. La conversation débute, poussive, lente. Aucun de nous ne se décide à aborder le sujet qui semblait le passionner au téléphone.

Lorsque le mot "fessée" est enfin prononcée (par moi, je crois) je le vois partir dans son délire: yeux mi-clos, mains tremblotantes, il n'écoutait plus, mais m'aurait embrassé les pieds si je lui avait promis de lui en mettre une, là, tout de suite.

J'observe le phénomène le sourcil relevé et l'œil rond. Ne pas avoir l'air surprise. De mon côté, le feeling n'y est pas une seconde, mais le jeu est lancé. Pourquoi est-ce que je décide malgré tout de le revoir et de poursuivre ?

Nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain au même endroit, avec pour objectif de trouver un coin plus "tranquille".

Le lendemain, après une nuit à me demander à quoi peut bien ressembler une "dominatrice" et avoir pris conseil auprès des copines (Nat, amusée, mais à l'ouest de toute façon et Béné, atterrée qui raccrocha en me traitant de "petite conne !". Grande pratiquante de jeux télématiques elle-même, elle voyait bien que je virais au grand n'importe-quoi) je débarquai donc Porte d'Auteuil en tailleur strict, (une vraie assistante de direction !) bas couture gris (ou comment prendre dix ans au premier coup d'œil) et dentelles noires.

Ne manquait que la cravache, qu'il devait apporter. Ce qu'il fit.

Je suis montée dans sa voiture, direction rue Mac Mahon, un hôtel de passe où il demanda à l'accueil s'ils n'avaient pas "une chambre pour une heure ou deux !"

Me voilà rouge de honte, à me demander ce que je faisais là.

Nous sommes montés dans une chambre dont je ne me souviens pas vraiment, si ce n'est les doubles rideaux en velours grenat que même un club échangiste n'aurait pas osés.

Une fois la porte close, il s'est placé devant moi tout tremblant, attendant les ordres. Je tremblais également, mais de rage contre lui qui m'avait humiliée quelques minutes auparavant et contre moi qui avais choisi le "rôle".

À ma demande (de ma voix la plus autoritaire) il s'est déshabillé et très vite mis à quatre pattes sur le lit. J'ai saisi la cravache et l'ai frappé aussi fort que j'ai pu.

J'aurai voulu y faire passer toute ma colère mais je ne ressentais rien si ce n'est l'envie d'être ailleurs, très vite...

Effectivement, tout cela n'a pas duré plus d'une heure !

Il tenait absolument à me revoir rapidement car, me dit-il, notre jeu l'avait beaucoup excité. Serais-je prête à aller plus loin ? Il avait de l'argent, ajouta-t-il. Je n'ai pas répondu.

Il m'a déposée chez moi. Quand il a rappelé un peu plus tard dans la soirée, je lui ai demandé de ne plus me téléphoner.

Il a quand même fallu quelques jours pour qu'il décroche ! Et moi, quelques mois pour que j'oublie un jeu très déplaisant..."

Je sais - parce qu'elle me l'a dit - qu'elle suivra avec intérêt les éventuels commentaires... Au passage, si vous avez vous aussi des histoires de "ratages" réussies, je serai ravi de les lire. Vous connaissez mon mail...
Texte © Miss Kate
Dessins © Sardax

15 commentaires:

  1. Ce genre d'expérience arrive parfois.

    On essaie, on tente. On sait très bien que cela ne va pas nous plaire, mais on a envie d'aller jusqu'au bout. De tester. Juste pour voir, au cas où... Il est parfois si difficile de revenir en arrière.

    Et on se rend compte qu'on avait raison : c'était raté. Du temps perdu, du stress pour rien, un mal à l'aise inutile...
    ... Mais une expérience tout de même. Ca apprend à mieux nous connaître, et à savoir qu'en général, la première impression est toujours la bonne.

    Puis ce genre d'expérience ratées (ou connerie réussie) nous entraîne parfois vers une petite introspection nécessaire.

    Enfin, je crois !

    En tout cas, c'est bien écrit. On saisi bien les émotions.

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  2. "On sait très bien que cela ne va pas nous plaire, mais...", non pas à tous les coups. À cet âge, on se cherche et on ne sait pas trop ce qu'on va trouver par avance. M

    Mes doutes, à 18 ans n'ont rien à voir avec ceux de mes 30 ou 50 ans... Quand j'avais 19 ans, j'aurais pu faire (et d'ailleurs j'ai fait) un tas de conneries et même prendre des risques, comme dans cette histoire, par exemple...

    Je ne vous raconte pas tout, mais j'ai peut-être frôlé des choses dangereuses qui auraient pu me coûter cher...

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  3. "On sait très bien que cela risque de ne pas nous plaire, mais..."

    Cette phrase est sans doute plus appropriée.

    C'est vrai qu'à 18 ans, comme à 19 ou 20, on se cherche encore. Mais je pense qu'il reste tout de même en nous cette petite parcelle instinctive, parfois protectrice, qui nous fait tirer un signal d'alarme interne. "Est-ce que cela va vraiment me plaire ?"

    Mais l'approche doit être différente entre une fille et un garçon. Peut être que nous, mâle, on se pose moins de question, et qu'on y va plus franco (j'insiste bien sur le peut être !!).

    J'ai aussi fait pas mal de conneries, surtout entre 21 et 28 ans (je sais, c'est précis comme tranche d'âge !!). Mais mon petit doigt me dit que sur ce terrain, tu me bats à plate couture, E. (Je m'incline donc avec respect !!)

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  4. @ Greg: T'inclines pas trop, tu vas tomber... J'en ai fait pas mal, jamais volé d'autoradio ou de bagnole, entendons-nous bien, mais sur le plan "sexe et des mignardises", j'ai peu de frustrations.

    En partie parce que j'ai "osé" des trucs. Certains que d'ailleurs je ne suis pas "fier" d'avoir vécu.

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  5. Oh, ne t'inquiète pas. Même avec respect, je ne m'incline jamais très bas. Ca m'oblige à baisser la tête, et je n'aime pas ça !! (j'ai le cou fragile !)

    Je me demande si Katia a voulu retenter l'expérience, différemment, avec quelqu'un d'autre, ou avec plus d'assurance.

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  6. Oh, Katia a eu des expériences diverses, mais je crois que ce qui est intéressant dans son histoire c'est qu'elle permet de généraliser et de parler de nos erreurs à nous tous, des erreurs de castings, ces ratages majuscules dans lesquels on se fourvoye en s'en rendant compte trop tard, une fois "l'affaire" engagée...

    Je sais qu'elle est très intéressée par les réactions des autres (femmes aussi) sur ce qu'elle vient de livrer.

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  7. C’est vrai qu’il y a des périodes ou on se lâche sur les expériences, on tente même si on n’est pas partant, advienne que pourra, tout du moment que cela ne me ressemble pas. La dernière que j’ai faite je me suis retrouvé mariée, du coup fini les conneries, faut vraiment faire gaffe ! :D

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  8. miss kate8/9/09 16:52

    Non, je n'ai jamais retenté, même si cette experience m'a marquée. (ou c'est moi qui ait marqué ?)
    J'ai tenté d'autres choses, y compris le fait de me retrouver mariée (je confirme : faut faire gaffe !), bref, j'ai cherché et je cherche encore... à oser. Juste pour le fun, mais par envie vraie, jamais plus pour cocher une case.

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  9. Gloups !

    Je me suis marié il y a deux mois.
    Pour moi, ça va, mais pour ma chérie, j'espère que ça ne deviendra pas un "fucking souvenir" dont elle parlera plus tard comme une connerie.

    Vous êtes dures, mesdames (j'ai intérêt à assurer, moi, maintenant !).

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  10. Rires ! Bon je développe.
    La dernière fois que je me suis embarquée sur un coup tordu, très consciente que j’allais me fourrer dans les bras d’un sacré pétrin, je me suis mariée avec le « sacré pétrin ».

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  11. "Fucking souvenir", c'était le premier titre, j'ai changé depuis.

    Ellie, c'est un développement restreint, ça manque quand même pas mal de détails, je trouve...

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  12. En développement, j’ai des lacunes, mais je finirai bien par progresser en lisant régulièrement votre blog ! ;-)

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  13. Aquarelle9/9/09 08:56

    "Un jeu déplaisant " ???!! Halala ! trop jeune cette petite ! Il aurait fallut que ce soit moi qu'il rencontre ce brave garçon et non pas une petite fille de 19 ans (ô_ô) je crois me souvenir qu'à 19 ans je devais être a peu prés la même que maintenant , impulsive et directive ... et surtout délurée , je suis sure que si j'avais eu un gaillard pareil a l'époque j'en aurais plutôt abusé et je l'aurais guidé afin qu'il soit comme je l'aurais décidé , tu parles ! un homme qui ne demande qu'a obéir!..
    A mon avis tout est une question de dialogue , ne pas s'arrêter a la première impression et surtout essayer de comprendre que la personne en face de soit peu être impressionner de savoir qu'elle va peut être enfin réaliser son fantasme , on ne peut pas être au top le premier jour il faut bien souvent qu'un des deux prenne les rennes pour orienter le jeu , surtout quand c'est un jeu de domination , je ne pense pas qu'il y ait eu " du temps perdu " c'est juste une aventure de plus dont il faut se souvenir et en sourire 10 ans plus tard
    """"
    (ô ô)
    ~~

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  14. @ Aqua: oui, évidemment tu n'as pas tort... Sauf que celui qui tient les "rennes", c'est le Père Noël. Je sais qu'au fond Katia n'avait pas besoin de ça, d'être la plus "forte", mais qu'elle cherchait inconsciemment à reproduire des situations que j'avais (modestement) initiées... Et dont je n'assurais plus "l'après-vente" à ce moment précis.

    Du coup elle a passé sa colère et ses frustrations du moment sur les fesses de ce garçon qui n'en demandait pas tant... Si ? Ah...

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  15. Amoureuse13/9/09 06:15

    Oui...des ratages...pas facile de savoir sur le moment que ce n'est pas "ça" qu'il nous faut. Je me souviens d'un Halloween ou j'étais en petit diable avec une copine, ce fût une soirée étrange, l'alcool, les rires et cet homme un peu particulier que j'ai suivi chez lui...je me suis réveillée en pleine nuit avec une forme de dégoût, pour moi même, je me suis sentie "sale" comme si je m'étais trahie. Je suis partie sans faire de bruit juste en laissant un mot sur l'oreiller..."ce n'était qu'un rêve..."

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