16 avril 2006

Oh Angie, let me whisper in your ear !

J'ignore si vous connaissez Angie... Mais si, vous avez forcément entendu cet air... Pour toujours, le prénom évoque irrésistiblement la lancinante et douloureuse chanson des Rolling Stones, qui marqua mon année 73, gémie vingt fois par jour par le juke-box du petit café que je fréquentais cette année-là, avec mes camarades du lycée Hoche de Versailles.

J'avoue que j'y allais surtout pour croiser rien qu'une fois le regard de Pascale la cruelle qui armée de ses 18 ans (et de deux petits seins triomphants qui m'étaient à jamais cachés par son gilet afghan) se vautrait dans un nuage mêlé de fumée de Gauloises bleues et de patchouli sous mes yeux (et ceux du groupe d'admiratifs boutonneux habitué des lieux) dans les bras du bellâtre Loïc, le don Juan breton de notre classe de première A (et accessoirement mon meilleur ami, oh dilemme Cornélien...), sans jamais croiser mon regard d'amoureux transi et malheureux...

Bref j'adore cette chanson qui me met en joie et nostalgie mélangées chaque fois que je l'entend à nouveau... Rien que les premières mesures et je chavire...

Les parents de la ravissante Angie David aussi sans doute, qui prénommèrent leur bébé ainsi cinq ans plus tard, en hommage probable dit la légende, à la voix éraillée de Mick Jagger...

Ah ? Vous ne connaissez pas du tout Angie David ? Et pourquoi donc en parle-je dans ce post, sur un blog plutôt tourné vers les petits "délices érotiques sulfureux" que j'y évoque régulièrement ?

Deux raisons...

1 - Vu récemment un très joli film d'Yvan Attal (pas au cinéma, mais en DVD séance de "rattrapage"), l'excellent "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" (que je vous recommande évidemment chaudement) et dans lequel j'avais remarqué une actrice inconnue aux yeux de chats, jouant à l'écran le rôle (en l'occurrence ingrat) de la maîtresse du personnage principal, incarné par le réalisateur susnommé...

La demoiselle repérée par Attal n'était pas du tout actrice mais travaillait, je crois, dans une maison de production où il l'a remarquée. (Tu m'étonnes...) Je gage que sa beauté étrange et le magnétisme de son regard l'ont rapidement incité à lui offrir tout-à-trac ce rôle particulier...


Il a bien fait. Non ?


Si vous ne me croyez pas, débrouillez-vous pour voir ce film. Et notamment une scène vraiment formidable où la jeune femme devient folle de colère parce que son amant l'a "pour rire" aspergée d'eau.

Ce dernier a juste voulu innocemment reproduire un gag habituellement apprécié par sa femme légitime... (Charlotte Gainsbourg, selon la formule consacrée "à la ville comme à l'écran"...) Ces deux-là ont l'habitude jouer avec la nourriture dans une version trash de "Nine weeks and half", mais la maîtresse, elle, n'a pas cette forme d'humour puéril et le fait savoir. En accompagnant le tout d'une crise de nerfs carabinée.


Leçon prouvant que chaque femme (chaque être humain en fait) est différente des autres et qu'il n'est pas bon de plaquer le même comportement amoureux à l'identique sur une autre, sans s'adapter un tant soit peu à sa personnalité... Ce qui faire rire l'une peut s'avérer désastreux pour une autre. Question de circonstances.

Un peu tard pour Yvan, qui essaye juste d'éviter les redoutables gifles assénées par une Angie en transes, trempée et au paroxysme de la rage. Il semble même en regardant attentivement le making-off (en bonus) qu'il l'ait poussée à bout pour obtenir une authentique colère au moment du tournage et que la comédienne néophyte emportée par l'élan lui a finalement mis un vrai bourre-pif, pas du tout "cinéma"...

2 - La demoiselle vient de sortir un livre sur Pauline Réage, pardon... sur Dominique Aury, en fait Anne Desclos de son VRAI nom, une maniaque des pseudos, donc, et accessoirement celle-là même qui écrivit à l'âge de 47 ans, il y a fort longtemps, le célébrissime "Histoire d'O" paru en 1954 et dont j'ai déjà parlé longuement dans un précédent post .

Le récent blog d'Angie David, voisin du mien, (en tout cas fait sur Blogger et qui semble avoir été créé uniquement à l'occasion de la sortie de son livre) est rempli de photos de cette femme qui fit tant jaser, (peu de textes, je suppose qu'elle ne veut pas faire doublon avec ce qu'elle dit dans son bouquin) avant qu'elle ne finisse par révéler sur le tard peu de temps avant sa mort le mystérieux "secret" qui fit couler tant d'encre...

Oui, elle était bien cette Pauline Réage, auteur mystère au pseudonyme anagramme ("égérie Paulhan") à qui on avait au fil des années attribué tant d'identités diverses !

Mais vous l'aurez compris, plus encore qu'Anne/Pauline/Dominique, c'est ce soir en écrivant ce petit (pré)texte la belle et mystérieuse Angie qui me motive !

Angie, Angie, when will those clouds all disappear?
Angie, Angie, where will it lead us from here?
With no loving in our souls and no money in our coats
You can't say we're satisfied
But Angie, Angie, you can't say we never tried
Angie, you're beautiful, but ain't it time we said good-bye?
Angie, I still love you, remember all those nights we cried?
All the dreams we held so close seemed to all go up in smoke
Let me whisper in your ear:
Angie, Angie, where will it lead us from here?

Oh, Angie, don't you weep, all your kisses still taste sweet
I hate that sadness in your eyes
But Angie, Angie, ain't it time we said good-bye?
With no loving in our souls and no money in our coats
You can't say we're satisfied
But Angie, I still love you, baby
Ev'rywhere I look I see your eyes
There ain't a woman that comes close to you
Come on Baby, dry your eyes
But Angie, Angie, ain't it good to be alive?
Angie, Angie, they can't say we never tried


(M. Jagger/K. Richards)


PS: avec le visuel de l'époque, spécialement retrouvé pour Kokine, qui dans son commentaire évoque la pochette originale du 45 tours sorti en 73.

La couverture à dominante jaune présentée en haut est celle de l'album contenant la chanson...

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Cher Stany

Ce que tu écris est toujours très instructif.....
C'est ma génération aussi et j'aime bien.....
Je suis assez nostalgique ....
Tu vas dire encore que je donne des bons points et tu auras raison
Je ne suis pas très douée pour écrire ...
sauf que toi tu mérites le prix d'excellence...

Erik A. a dit…

Oui Kokine, je m'en rappelle bien... Je vais l'insérer...
Mais j'avais juste choisi l'album en fait parce que c'est celui que j'avais à l'époque...

Ah... 73... Soupir

Edel, ce n'est pas toi qui m'a fait "fuir". mais la grossièreté des censureurs de DD qui effacent çà leur guise ce qu'ils jugent sans intérêt. Ras le bol de ces diktats à la con. Et je pèse mes mots !

Un forum est fait pour s'exprimer. Je hais les censeurs d'où qu'ils soient, c'est mon seul côté gauchiste. rire. J'ai bien assez à faire ailleurs à l'âge que j'ai pour tolérer un proviseur virtuel qui siffle à son gré la fin de la récré. Ce système de "vrilles" me gave. Et ceux qui jouent les Parques avec leurs ciseaux virtuels aussi. Comme décidément ils sont indécrottables et bornés, je suis parti pour de bon. Stop.

Je ne supporte pas qu'un type de la censure étatique qui voit un film décide seul dans le noir si je vais pouvoir le voir ou pas.

Alors encore plus sur un texte que j'ai passé un long moment à peaufiner.

Les amis qui viennent ici ont déjà mon site dans leurs favoris. C'est l'essentiel.

Anonyme a dit…

Cette scène d’aspersion était absolument formidable : ma seule pensée à ce moment là : p’tain va falloir tout nettoyer.... !! (on ne se refait pas ...mdr ! la maniaque en moi reprend le dessus).
Mais je veux bien passser mon après midi à laver le sol en compagnie de Yvan; un 'vrai talent' de réalisateur, d'acteur et sans doute d'homme...pas beau, non, mieux que ça, absolument 'sombre et charmant'!
Vous avez raison, ce qui s’applique à l’un ne s’applique pas à l’autre, chacun de nous est particulier et unique et c’est sans doute ceci, qui fait que nous sommes, chacun, ‘précieux’.

Vous êtes très ‘nostalgique’.....non ??

Anonyme a dit…

Par ailleurs, la superbe photo en noir et blanc d’Angie David est de Kate Barry: le tout reste en ‘famille’...lol!
Je ‘suis’ la carrière de cette fille de Jane de très près et ses images deviennent ‘meilleures’ et plus abouties chaque année...

Erik A. a dit…

cher Butty, tu passes quand tu veux, tu es chez toi aussi... (et mon phone n'a pas changé)

pour le reste... Pas de débat. Un peu de tristesse de voir un endroit que j'aimais tant fréquenter envahi à présent par des couillons sans cervelle qui se la jouent intellos et des faux "nouveaux" membres robots en pagaille avec des sites "spam" en accompagnement, sans réaction du pourtant pointilleux proprio.

pour moi c'est sûr, j'ai fait le tour. Mais ici je suis bien... Et chez moi !

Anonyme a dit…

C’est bien joli chez vous, accueillant et léger comme j’aime...
Angie David n’a pas ‘chômé’; après avoir tourné autour du livre au rayon nouveautés de la Fnac, je me suis fait la réflexion que vu le ‘pavé’ j’attendrai sagement que vous le lisiez et que vous nous en fassiez un résumé....ou alors, je l’achète, je le pose sur mes fesses et j’attends que quelqu’un vienne en faire la lecture à haute voix....(idée ??!!!).

Erik A. a dit…

Aucune chance que j'en fasse une fiche de lecture, chère Nush

C'est un pavé que je ne lirai pas. La vie de Dominique Aury ne m'intéresse pas le moins du monde. j'avais juste envie de parler de choses diverses, de musique, des Stones et de cette actrice-écrivain qui me semble avoir un parcours bien intéressant indépendamment de sa plastique séduisante et de son regard troublant.

Je n'aime pas du tout "histoire d'O", rébarbatif, ennuyeux, cérémonieux un peu grotesque, avec des "vrais morceaux" de cul convenu dedans, bref où la chair est bien triste. L'érotisme glaçant qui s'en dégage n'est pas le mien, mais qu'importe...

J'ai plus aimé le film d'Attal, vous l'aurez compris.