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La solution de facilité mènerait à opter pour la splendide modèle Joanna Hifferman, que son amant le peintre américain Whistler aurait brièvement "partagée" avec l’ami Gustave et qui on le sait fut l'objet de quatre tableaux moins controversés de la part du Français...
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Le tableau ci-contre représentant la belle Jo a été peint en 1862 par son amant yankee James Abbott Whistler, lequel rentra ensuite sans elle aux États-Unis en la laissant à Paris... Pas rancunier, il lui léguera néanmoins ses biens, lui ayant pardonné de l'avoir trompé avec son confrère français... Et puis, l’hypothèse du modèle anonyme n’auréole-t-elle pas définitivement l’Origine d’une sublime universalité ?
À la mort de Khalil-Bey, sa collection de peintures libertines fut dispersée, et les traces du tableau se perdent. Un savoureux racontar atteste de son acquisition par le procureur Pinard, celui-là même qui instruisit en 1857 les procès de Baudelaire et Flaubert... pour atteinte à la morale ! Piquant, mais infondé. (Il semble qu'en 1868, lors de la vente de la collection Khalil-Bey, l’antiquaire Antoine de la Narde en fit l’acquisition. Edmond de Goncourt dit l'avoir vu ensuite chez un antiquaire en 1889, caché par un panneau peint d’un paysage enneigé représentant un château ou une église...)
Toujours est-il que c’est ensuite par un aristocrate juif hongrois, le Baron Ferenc Hatvany, que le Con Suprême fut racheté, peu avant 1914. Il restera donc à Budapest jusqu’en 1944, année durant laquelle l’Allemagne hitlérienne envahit le pays. Ensuite, l’œuvre ne fut pas spoliée par les Nazis mais volée par les Soviétiques, qui l’extirpèrent illégalement – et au pied de biche – avec maints autres biens, du coffre-fort dans lequel elle avait été déposée dès 1942, au moment de la promulgation des premières lois anti-juives.
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La légende se cristallisa alors autour de ce chef-d’œuvre, plus oublié qu’inconnu, que le psychanalyste avait dissimulé derrière un paysage en trompe-l’œil de son beau-frère le surréaliste André Masson et qu’il découvrait avec délectation devant ses hôtes privilégiés, Picasso, Duras...
(Jacques Lacan avait demandé à Masson de fabriquer un cadre à double fond et de peindre une autre œuvre par-dessus. Celui-ci réalisa une version surréaliste de "l’Origine du Monde", plus "suggérée"...)
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Bien que la moralité et les interdits aient évolué depuis Courbet, notamment grâce à la photographie et au cinéma, le tableau est resté provocateur comme en témoigne l’événement qu’a représenté son entrée au musée d’Orsay.
Un gardien fut même affecté en permanence à la surveillance de cette seule pièce, pour observer les réactions du public…
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PS: Il existe un livre passionnant, "l'Origine du Monde - histoire d'un tableau de Gustave Courbet", de Thierry Savatier, que je vous recommande si vous voulez en savoir davantage...
2 commentaires:
Ce tableau est à l’origine de mon goût pour l’art et sans doute de mon goût pour l’art contemporain ; il est aussi à l’origine de quelques dialogues avec des femmes et des hommes car il ne peut laisser indifférent..
La force d'un cadrage.
J'aime ce tableau, bien moins pour la qualité intrinsèque de la peinture que pour les avancées morales qu'il représente, si on se replace dans le contexte de l'époque à laquelle il fut fait...
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