01 juin 2010

Disque dur...

1705 - "Shit ! Mon dossier était pourtant bien planqué"...

Elle s'écrivait en cachette de son mari des histoires classées X, du genre qu'on lit d'une main avant de s'endormir, endorphines libérées et libido calmée...

Son ordinateur personnel comportait un dossier "secret" rempli de documents Word faits au boulot ou dès qu'elle avait le temps, laissant vagabonder ses envies, écrivant ce qui lui passait par la tête.

Analyste dans une banque, ce n'est pas très glamour.

Elle s'ennuyait à son travail, un job purement alimentaire, sous les ordres d'une chef de bureau tyrannique qui l'avait prise en grippe et décidé qu'elle allait - elle lui avait dit ouvertement - l'écœurer, la pousser à la démission...

Alors, en douce puisqu'elle était quasi mise au placard, elle agrémentait longues journées et interminables réunions sur la Bourse et les traders de petites annotations érotiques, imaginant ses collègues (hommes ou femmes) indifféremment mêlés dans une sorte de partouze géante les fesses à l'air.

Des orgies qui évidemment n'avaient lieu que dans son imaginaire, mais qui permettaient au moins de passer le temps...

Même sa tyrannique patronne était de la partie. Mais à poil, les poignets liés et les fesses striées de rouge, avant de se faire prendre par tous les orif...  

- "Non, je m'égare..." dit-elle. "Cette sale garce qui veut ma peau ne mérite même pas ça...*"

Tous ces gens affairés ne donnaient pourtant pas vraiment envie de baiser... En avaient-ils seulement envie eux-mêmes ?

Dans ses nouvelles de quelques lignes ou quelques pages, uniquement des filles entre-elles, des jeux SM plus ou moins softs... et de bonnes fessées, douces ou énergiques. Les hommes y apparaissant seulement en observateurs neutres, par accident ou plutôt comme de simples confidents. Mais certes pas des actifs...

Pas de jeux homme-femme, donc, mais toujours dans ses textes une initiatrice perverse entraînant une bonne copine un peu ingénue et oie blanche sur les chemins de la débauche. Elle se donnant le rôle de la "suiveuse", celle qui subit et se laisse glisser sans "créer" le jeu, tout en adorant ça. En classe, jadis, elle était au fond près du radiateur, essayant de passer inaperçue.

Quinze ans plus tard, elle était restée la même...

Une fois écrites, ses histoires lui servaient d'exutoire, et peu à peu elle en avait même perdu le désir de faire l'amour en vrai, "conjugalement", en dépit d'une certaine insistance maritale. Que ce soit pour se relire ou pour en écrire d'autres, elle avait hâte de se retrouver seule, se relevant parfois la nuit pour se donner du plaisir en cachette... Elle jouissait et allait se recoucher, apaisée. Libérée.

Jusqu'au jour où son mari découvrit le pot-aux-roses...

À force de le négliger, elle avait un peu oublié qu'il était informaticien de métier. Simple pour lui de farfouiller dans le disque dur, de trouver le fameux dossier des histoires secrètes...

Découvrir ce qu'elle écrivait en douce pour fut une vraie surprise.

Pour elle aussi, quand rentrant le soir, il lui désigna sans un mot quelques dizaines de feuillets, ses histoires imprimées étalées sur la table. Interdite et cueillie à froid, elle commença par vivre assez mal, sur la défensive cette intolérable intrusion dans son jardin secret.

Un peu comme si il était entré par effraction dans son cerveau par la porte "envies de cul", mettant le souk dans ses pensées "interdites"...

Au final, elle n'eut pas à se plaindre de la formidable fessée qu'elle reçut ce soir-là, ni de la nuit qui suivit, ni d'ailleurs de toutes les autres à partir de cet instant.

Oui, il avait bien tout lu...

Depuis, sa vie sexuelle est plus équilibrée, elle continue d'écrire et va publier bientôt son premier livre, en vrai.

Mais il en a la primeur et est son premier lecteur, désormais.

* authentique...

14 commentaires:

  1. Bien heureux mari, la il va pouvoir s'amuser un cerftain temps. Quel merveilleux dessin que cette première illustration.

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  2. oh , elle est mignonne , cette histoire! je l'adore!
    Elle est vraie?

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  3. Elle m'enchante cette histoire...

    Forcément qu'elle est vraie puisqu'elle pourrait l'être... Lol...

    Et que de toute façon, si elle ne l'était pas, un jour ou l'autre, ici ou là, sous une forme ou sous une autre, elle finira par l'être...

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  4. @ Emma: En grande partie... Si ce n'est que ma conclusion "heureuse" n'est pas exactement arrivée comme j'aurais aimé (pour elle). C'est un peu plus décevant. En fait, rien n'a vraiment changé, et elle n'a pas eu de fessée...

    Elle s'est juste entendu dire qu'elle pouvait continuer à écrire des "cochonneries", "du moment que ça rapporte"... (sous-entendu: "si tu es éditée et que les droits d'auteur ramènent de l'argent au ménage"... )

    Pour le reste, je vous tiendrai au courant de la date de sortie du livre, car effectivement, la dame écrit fort bien des histoires... euh, assez (sur)prenantes, on va dire.

    @ PdN: une photo, retravaillée à ma sauce, pour lui donner un aspect très "graphique"...

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  5. Oh zut! Elle ne peut pas s'arranger pour qu'"il" lise la votre d'histoire? ça devrait lui donner des idées! Moi , je suis pour la bonne entente dans les couples!
    Les histoires entre filles, c'est pas vraiment mon truc , mais quand c'est bien raconté, je peux me laisser séduire. Par le livre.
    Vous nous direz.

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  6. @ Emma: je crois qu'ils ont (en vrai) malheureusement déjà dépassé un point de non-retour et qu'elle aimerait bien reprendre sa liberté, plutôt...

    J'ai écrit comme une fable à la conclusion heureuse ce qui n'est qu'une banale histoire de couple qui ne se regarde plus tellement. Mais par contre 90% de l'histoire est bien réelle. D'ailleurs depuis que vous l'avez découverte, je l'ai modifiée un brin et "rééditée", avec quelques détails qu'elle m'a donnés au tel...

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  7. petite française1/6/10 23:59

    Sourire... très jolie histoire sous votre plume. Et espérons une fenêtre qui s'ouvre pour elle sur une reconnaissance de son talent, de sa liberté.

    Pour ma part, j'évite désormais de prêter certaines clés usb car il y a des petits curieux !

    B

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  8. "Elle s'est juste entendu dire qu'elle pouvait continuer à écrire des "cochonneries", "du moment que ça rapporte"... (sous-entendu: "si tu es éditée et que les droits d'auteur ramènent de l'argent au ménage"... )"

    En effet, amigo, ton histoire est bien jolie par rapport à la minable réalité qui précède !...

    Je n'ose imaginer ma réaction si ma compagne de l'époque - qui ne partageait pas du tout mes goûts en matière de fessée - m'avait tenu un tel langage à propos de mes dessins !...

    Cette attitude d'authentique blaireau me file des boutons, et j'espère bien qu'il ne verra jamais la couleur du fric que cette dame pourrait gagner, dans la mesure où elle l'aura plaqué avant.

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  9. Amoureuse2/6/10 13:15

    Je dirais que derrière cette phrase malheureuse, l'homme à peut être exprimé une peur, de la jalousie et qu'il n'a pas su l'exprimer autrement?

    En tous les cas je lui souhaite réussite et épanouissement à votre amie.

    Votre photo me rappelle de jolis souvenirs. Merci.

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  10. Il ne la mérite pas. C'est ignoble d'aller ainsi piétiner un jardin secret et quel ahuri de ne pas avoir su deviner les passions et les talents de sa compagne. Un vrai gâchis !
    Par solidarité, j'achèterai ce livre qui se lit à une main, voilà qui est certain.

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  11. Ah oui c'est un peu couillon comme réaction!
    Comme je ne savais pas trop comment expliquer ce drôle de fantasme à mon mari, je me suis servi de l'écrit pour lui raconter une histoire, histoire de le mettre dans l'ambiance ;) Ma fois, ça a plutôt bien marché. J't'en ficherai des cochonneries moi... !

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  12. Miss Kate4/6/10 19:00

    Je ris en douce et rosis (des joues)
    C'est bien moi a quelques détails près. En fait, il y a bien longtemps que les hommes sont entrés dans mes écrits en tant que "personnages actifs".

    Les fessées ont dû se pousser un peu, récits confidentiels que tu connais où les regards qui se croisent sont aussi importants que les marques...

    Sans grisonner, l'oie blanche a un peu foncé, assez pour "recruter". Pas forcement plus jeunes, à l'écrit elles sont tout aussi
    joueuses que moi et m'invitent toujours à leur ouvrir la voie la plus... lubrique possible.

    Si défi il y a, il est caché dans les sourires échangés avant ou pendant d'autres "échanges". Les griffures ont remplacé les plaques au premier rang des rougeurs délicieuses.

    Toujours dans le top 5, cependant...

    Tiens, si tu veux te faire une idée de la tête de ma boss (pour documenter ton imaginaire, note que je pense au réalisme de tes récits...) tape donc
    XXX sur Facebook...

    Bises et merci. J'adore te lire...

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  13. @ Miss K: euh, moi aussi. Mais tu le sais depuis des années. Jolie histoire, jolie mise au point aussi, qui entraînera sûrement des réactions...

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  14. PS: Vu XXX sur FB. Boarf, même pas en rêve !

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