13 juin 2010

Switch, ou vénérer LA femme ?

1732 - Je crois être un homme plutôt "masculin" et qui aime les femmes.

Je ne les vois pas en supérieures, mais en égales, à parité. Ma sexualité avec elles ou mes jeux de fessées à leur encontre ne me donnent pas un pouvoir autre que celui qu'elles m'accordent, en toute tacite acceptation.

Il leur suffirait de dire non... Mais un oui me va très bien aussi. J'adore être le plus fort. Je sais faire. Pourtant...

... Pourtant, il m'est arrivé de laisser l'autre m'imposer sa loi, d'un seul regard qui veut tout dire et alors, le cœur battant, mon âme switch a pris le pas sur mes désirs de domination virile.

De dirigiste, je suis devenu suiveur parce qu'en face je sentais une puissance dans le désir bien supérieure à la mienne. Ce sont des évidences, des ressentis que je n'explique pas. C'est comme ça.

Instants d'abandon où le trouble s'installe, parce qu'on devine une "maîtresse" femme en face, quelqu'un qui saurait s'il le fallait vous faire vivre des choses extrêmes, vous faire toucher le sol des épaules, sans coup férir. Je crois aussi que les rôles sont établis, je ne me vois pas passer d'un rôle à l'autre avec une dame qui serait pour moi tour à tour "soumise" puis "dominatrice"... Je n'y croirais pas. Elle non plus. On a besoin de repères...

Un fois, dans un endroit où j'étais invité pour signer des livres, le regard perçant de la gérante de la librairie m'a fait baisser les yeux et rendre les armes, sans que je puisse dominer mes pulsions. Ça m'a agacé d'aussi vite me sentir en infériorité, de céder sans que je ne puisse reprendre le dessus. C'était "comme ça". Point.

Il ne s'est rien passé, en fait, mais ce simple échange de regard entre elle et moi a suffit à me faire battre le cœur à tout rompre, à mon corps défendant et sans que je ne fasse autre chose que de tenter une plaisanterie pour reprendre la main en m'en tirant par une pirouette. J'ai émis un vague coassement qui se voulait viril, tellement j'étais gêné, essayant de donner le change en osant une plaisanterie qui n'a fait rire que moi. J'étais ferré...

Comme un poisson qu'on sort de l'eau en préparant l'épuisette, suffisait de remonter la ligne et...

Ce soir-là, elle n'a pas poussé plus avant son pouvoir, mais si cette dame m'avait pris par la main pour m'entraîner dans un coin sombre et me faire subir les derniers outrages, je l'aurais suivi. Obéissant à une envie irrésistible...

Non pas qu'elle soit spécialement belle ou attirante, mais elle faisait partie de ces femmes qui bien que banales au premier abord ont potentiellement quand on creuse "quelque chose" de plus, pas toujours définissable et qui fait qu'on n'a pas le choix.

Tout mâle que l'on soit, c'est notre part femelle qu'elle a vu et qui l'intéresse...

4 commentaires:

  1. petite française13/6/10 23:12

    Je ne suis pas certaine que ça soit votre part femelle qu'elle ait vu !

    Les rôles sont établis tant que l'on croit qu'il s'agit d'un jeu de rôles. Une relation peut sortir de ce schéma binaire.
    Je vous accorde le besoin de repères.

    Mais en quoi vous êtes vous senti en état d'infériorité ? Parce que vous ne maîtrisiez plus la situation, parce que vous sortiez du schéma classique ? Mais n'est-ce pas ce que vous cherchez quand même un peu ?
    Allons... ne me dites pas que pour vous, une femme qui "cède" est en état d'infériorité.

    C'est plutôt une passivité forcée, subie, effectivement un rôle très féminin, qui vous a mis mal à l'aise et en même temps...

    B

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  2. Oui, vous avez raison, j'interprète et peut-être que les mots choisis ne sont pas représentatifs de ce qui s'est passé ce jour-là...

    En fait je ne cherchais rien, disons que ça m'est tombé dessus, que je fanfaronnais un peu et que d'un coup j'ai senti comme une remise en place potentielle et salutaire...

    Ma part féminine n'est pas visible par tout le monde, heureusement, c'est rarissime, même. D'où mon émoi en me sentant "démasqué" par une personne pas dupe et apte à prendre le pouvoir, d'un coup...

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  3. Hier je lisais un dialogue entre Isabelle Huppert et Slavoj Zizek un philosophe cinéphile qui à l'air de sourir à chaque fois qu'il lui tombe une dent (c'est peut être pour cela qu'il ne sourit pas d'ailleurs...;)

    Hors donc,il dit à un moment :

    "... Mais pardon, je parle trop. Je suis fasciné par vous, sexfrightened,... Je parle, je parle : à l'évidence, je suis dans la position hystérique de l'homme qui a besoin d'une dominatrice !"

    Trop fort, non ?

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  4. ça veut dire que les hommes bavards ont besoin d'être dominés?!
    je trouve l'idée marrante, moi.

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