07 février 2012

Coupure de courant...

 2615 - "Affront informatique !"

Un texte qui fait suite à celui là...

Mais ça peut se lire quand même sans préambule. Suffit de savoir que madame tente d'attirer l'attention en exposant ses charmes de façon délibérée tandis que monsieur, lui, est assis face à son ordinateur et pianote des trucs hyper importants sans la voir.

"Ça avait bien commencé, pourtant.

Un vendredi soir rien qu'à eux, sans amis, sans famille... sans enfants ! Pique-nique amélioré devant la cheminée de la bibliothèque, sympa. 

Il est amoureux ce soir et ça tombe bien...

Il sent bon, sa barbe râpe un peu mais pas trop. Ses mains sont chaudes, ses doigts habiles, il la déshabille, sans se presser. Elle veut lui en faire autant mais il saisit ses mains, secoue la tête en souriant: 

- "Pas tout de suite..."

Elle est nue face à lui, tout habillé. Le contact de ses vêtements sur sa peau, la sensation d'être belle, désirée sous son regard. C'est excitant.

Et puis la poisse, le téléphone qui sonne, un collègue qui s'informe sur un protocole et n'en finit plus de poser des questions. Il s'est assis devant son bureau, l'a attirée sur ses genoux, tout en conversant avec son ami. Elle grogne un peu. Il gâche tout celui là ! On devrait interdire les coups de fil après 21 heures, sauf question de vie ou de mort !  C'est vrai quoi !

Le voilà qui allume l'ordinateur, pianote et discute, discute. Elle s'agite sur ses genoux, lui mordille l'oreille et elle sait qu'il a horreur de ça. Il lui jette un regard furieux et la vire de son siège sans façon. Main sur le téléphone, il lui dit d'aller devant le bureau, de se mettre à genoux mains loin devant elle

Intéressant...

Bon. Et maintenant?

Et maintenant, rien ! Il continue à discuter comme si elle n'était pas là, toute nue et dans une position... Euh...

Oh ! Il l'énerve, l'énerve ! Elle fulmine intérieurement: seize ans de mariage et elle peut se balader nue sous son nez, ça l'intéresse pas ?

Il raccroche, enfin ! Elle se redresse mais il devient aussitôt cinglant:  

- "Ne bouge pas !"

Pétrifiée, elle se demande à quoi il joue: il continue à taper sur son clavier, comme si de rien n'était !
Goujat ! Sale type ! Tyran ! Non mais franchement, c'est abusé, là !

Dans la bibliothèque seulement éclairée par la lampe halogène du bureau et les braises mourantes de la cheminée, le temps s'étire. Elle frissonne.

Le silence les isole, accentué par les hurlements du vent déchaîné aujourd'hui et qui leur a d'ailleurs valu plusieurs coupures d'électricité. Et ça lui donne une idée: sous ses yeux, à portée de main, "LA" prise de courant, à laquelle est reliée une multiprise qui alimente l'ensemble de l'informatique et l'éclairage du bureau.

Elle s'étire lentement... Réalise qu'elle lui offre là une vue... imprenable.

Bref coup d’œil derrière elle. Il ne regarde même pas ! Tant pis pour lui: elle débranche.

Elle entend aussitôt une explosion de "Milliards de Dieux !" et se relève enfin, fait le tour du bureau à tâtons avant de dire très vite: 

- "Oh, ça a été comme ça toute la journée !"

- "Je sais bien..." qu'il grommèle. "Mais j'ai pas fait de sauvegarde !"

- " Bah, tu pourras surement récupérer quand même, t'inquiète pas..." qu'elle lui dit en reprenant sa place sur ses genoux. "J'ai froid..."

Alors il la réchauffe de ses grandes mains, distraitement d'abord, mais de plus en plus intéressé... Elle lui fait passer son pull par dessus la tête, le caresse à son tour, déboutonne sa braguette... Agenouillée devant lui, elle le caresse des lèvres, de la langue... Évidemment, il gémit.

Et puis il la relève brusquement, l'assied à califourchon sur lui, doucement il l'emplit toute entière. Les mains sur ses épaules, elle mène le jeu, triomphante, l'embrasse à pleine bouche, ses cheveux autour d'elle, lui caressant le torse... Elle fait durer le plaisir, jusqu'à ce qu'il l'empoigne par les hanches et lui impose son rythme, plus profond, elle en gémit, plus rapide, elle crie...

Elle est blottie contre lui, ils respirent à petits coups, elle le picore de bisous, il lui caresse les fesses en souriant. Enfin, ils se détachent l'un de l'autre, se rhabillent, cherchant leurs vêtement à tâtons... Et là, comme une buse, elle se rapproche de la porte et appuie machinalement sur l'interrupteur. La lumière inonde aussitôt la pièce, ils clignent des yeux comme des hiboux.

Et puis il jette un coup d’œil surpris à l'écran de l'ordinateur, toujours noir, comprend en un éclair, lui lance un regard incendiaire. Elle est pétrifiée, sa culotte à la main.

- "Inutile de la remettre !" dit-il d'une voix dangereusement calme

Alors elle bondit dans le couloir, monte les escaliers quatre à quatre et court dans leur chambre. Elle fermerait bien la porte à clé mais une précédente expérience lui a prouvé que ce n'est pas la chose à faire...

D'ailleurs, y'a plus de clé.

Elle recule jusqu'à l'autre mur.

Elle écoute...

D'abord le silence.

Puis les marches qui grincent .

Et son cœur qui bat fort..."
Texte © Emma

5 commentaires:

  1. j'adore ..merci

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  2. Très jolie version Emma. Et belle illustration.

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  3. Ouuuulala Emma ... ça va chauffer ma p'tite ! ;)

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  4. ;D
    Merci , les filles. pas évident pour moi de décrire des gestes intimes même dans une situation fictive. Mais j'ai découvert, quand remplaçant "je" par "elle" ça devenait beaucoup plus facile.:D Pour autant , je ne serais jamais capable d'écrire des textes torrides comme Miss Kate , par exemple( qui nous manque à tous, quelles nouvelles de ses projets , vous savez, Stan?), mais , bon , je compte pas faire carrière non plus , dans la littérature érotique, alors...;)

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  5. Je crois qu'elle écrit, mais que pour le moment les maisons d'éditions non seulement payent le travail une misère mais qu'en plus un de ses "Osez" est repoussé aux calendes grecques. Faudrait peut-être une fessée d'encouragement ?

    Pour le texte, oui, Il ou elle, c'est bien...

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