31 mai 2020

♫ Pour un flirt, avec toi... ♬

3490 - "♬ ♪... Je ferais n'importe quoi ! ♪"

Il avait encore en tête les paroles de la chanson de Michel Delpech, ultime scie de 1971 qui avait bercé son enfance, quand il franchit la porte de cet hôtel de la périphérie, sinistre et anonyme...

Elle lui avait donné rendez-vous pour une session qu'elle souhaitait mémorable. Au téléphone, la veille elle avait balbutié un motif pour justifier sa venue en semaine toutes affaires cessantes et les six heures de train aller et retour uniquement pour le voir et recevoir une correction le temps d'une soirée. Son manque d'assiduité aux études et sa propension à une procrastination maladive au fil des semaines devenaient chroniques et il fallait réagir...

Ça tombait bien, dans leur relation épisodique, il était là pour ça.

Au Conservatoire, ses maîtres de musique se désespéraient de voir cette élève surdouée gâcher son invraisemblable talent et elle avait - expliqua-t-elle avec un peu difficulté et la voix mal assurée - vraiment "besoin d'un recadrage sévère... S'il te plait ?"

Ça lui plaisait ! Il lui avait promis qu'elle s'en souviendrait d'un ton suffisamment sévère pour que chez elle, à 500 km de distance, mademoiselle se mette à vibrer comme une corde de piano en imaginant les sévices qu'il lui ferait à coup sûr subir... Lors de leurs premiers rendez-vous, elle lui avait dit qu'elle ne voulait pas du tout de sexe, mais simplement des fessées très fortes. Il avait évidemment respecté sa demande à chaque fois et c'était d'ailleurs au fil des rencontres devenu une convention entre eux, tacite...

En passant devant le veilleur de nuit qui n'avait pas levé la tête, habitué au passage dans cet hôtel bourré d'étudiants, il avait machinalement serré le gros martinet dissimulé dans une de ses manches, histoire de rester discret. D'autant que pour faire bonne mesure, il avait également apporté une cravache, glissée elle le long de son bras dans l’autre manche, ce qui lui donnait une certaine raideur de pingouin dans la démarche, un peu comme s'il avait gardé le cintre en enfilant sa veste...

Sans oublier le tube de KY dans une poche, puisqu'elle lui avait aussi au détour d'une phrase signifié un changement unilatéral des règles du jeu, en lui disant qu'elle le voudrait en elle, cette fois. Pour la première fois. Et au plus serré...

Quand elle ouvrit la porte de cette chambre impersonnelle où elle l'attendait depuis son arrivée en droite ligne de la Gare du Nord, trois heures auparavant, l'émotion était à son comble...

Et ils n'attendirent pas trente secondes avant que, sa petite robe à pois retroussée et la culotte descendue au creux des genoux, elle ne se retrouve jetée en vrac en travers de ses cuisses pour recevoir une première correction manuelle, tout en s'entendant gronder de cette voix mâle qu'elle affectionnait autant à distance sur Skype qu'au réel, dans son oreille...
Dessin: "La musicienne punie“ © Stan/E. - 2020
Modèle : Masami

12 commentaires:

  1. Joli texte, bien illustré

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Kari... tu connais mes sources graphiques, en l'occurrence...

      Supprimer
  2. À vrai dire mon cœur balance, j’ai eu un coup de cœur pour le dessin mais le texte m’a enchanté et troublé...Toujours palpitant cher Stan.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime que vous palpitiez, ma chère Sofia. Capricieusement vôtre.

      Supprimer

  3. Quand un texte narre une histoire réelle, même légèrement arrangée mais avec le parfum de l'authentique, ça se sent toujours quand on le lit.

    Cette scène est une "vraie histoire" vécue et pas un de ces textes conventionnels inventés de toute pièce par des gens qui ne vivent que dans leurs fantasmes et rien de réel, avec les sempiternels lieux communs du genre et les passages d'usage qu'on trouve sur pas mal de forums.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. genre les histoires de la Loubianka sont pas réelles ?
      Mais oui on sent vite la différence.

      Supprimer
    2. Non pas du tout, toi tu écris des fantaisies assumées comme telles et personne ne vient chercher l'authenticité dans ton OSS117 version bloc soviétique, mais le pastiche et les références amusantes, avec le ton ampoulé des récits d'espionnages un peu pervers des années 70. C'est très amusant à faire ou lire, mais n'est pas fait pour jeter le trouble.

      Supprimer
    3. Je suis tout à fait d’accord avec vous on sent le parfum de l’authenticité et de la spontanéité.... Cela participe grandement au charme...

      Supprimer
  4. Est-ce dont pour cela que c’est tellement troublant et excitant en plus du dessin qui est magnifique ?

    RépondreSupprimer
  5. Faire la part des choses et donc par extrapolation la différence entre nos fantasmes et nos réalités, je suppose ?

    Quant au dessin, il doit beaucoup au modèle, forcément...

    RépondreSupprimer
    Réponses

    1. Forcément l’impact du modèle est indéniable. Il y a une différence mais pas seulement il peut aussi avoir un fil conducteur entre eux qui lit fantasme, authenticité et réalité bien que cela ne soit jamais tout à fait comme imaginé ou voulu...

      Supprimer
  6. Un dessin plutôt osé de par ce qu'il montre et raconte ... Fort.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont ouverts à tous mais je vous demande de bien répondre en utilisant le pseudo de votre choix et de ne pas poster en anonyme.

Il suffit de mettre le nom ou le pseudo que vous voudrez, en cochant nom/URL


TOUT COMMENTAIRE ANONYME SERA SUPPRIMÉ

US and British friends, would you please use any nickname of your choice to post on my blog.

I'LL DELETE ANONYMOUS COMMENTS