14 juin 2020

Utiliser les bons arguments...

3496 - “Arguments frappants...“

Ce dessin représente un "Apache" du début du siècle dernier, avant la Grande Guerre, celle de 14/18 qui les décimera et annihilera le phénomène plus sûrement que n'aura jamais pu le faire la police parisienne durant leur "règne" d'une vingtaine d'années.

Le foulard et la ceinture de couleur rouge étaient des marques de reconnaissance.

Ici, c'est sans doute le mac de la fille qui est en train de corriger sa gagneuse, maintenue par un comparse les fesses à l'air. Dans ce milieu de voyous, il existe un code "d'honneur" (sic): en gros, la femme appartient à un homme, c’est son protecteur et son amant, il la défend donc mais... la fesse aussi.

Ou la cogne de manière plus brutale.

Bon, mais ces Apaches ? Les indiens de Paris... Au début du 20ème siècle, lorsque l’on parle des caïds parisiens, on n’a plus que ce nom d'Apaches en bouche, terme venant sans doute des vrais Apaches de Geronimo, des "sauvages sanguinaires" décrits dans la littérature d'alors... La presse qualifie même le phénomène de “plaie de Paris” en critiquant l’impuissance de la police.

Air connu...

Vols, prostitution, meurtres, petits délits, bagarres entre bandes, fêtes la nuit dans les bals-musettes, l’Apache vit souvent en périphérie de la Capitale, dans la “zone” autour de Paris, mais la nuit, descend "terroriser la ville" comme dans "Starmania"... Leur quotidien ? dévaliser les magasins, cambrioler une bijouterie, surprendre les promeneurs attardés et les alléger de leur bourse… Jusqu’au meurtre parfois, s’ils y sont "obligés"...

C’est dans les “Fortifs” entre ville et banlieue que les Apaches se retrouvent pour des règlements de compte ou des rendez-vous clandestins. En signe de reconnaissance entre eux, en plus d'une façon de s'habiller et de ces fameux signes de ralliement rouges, ils sont tatoués avec des phrases comme “Vive l’Anarchie”, “Mort aux vaches”, “Né sous une mauvaise étoile” gravées sur la peau...

Les Apaches sont des rôdeurs, des maquereaux, des cambrioleurs vivant en marge de la société fuyant dès leur plus jeune âge les bancs de l’école pour échapper aux règles imposées. Leur mode de vie: "l'Apacherie" professe le refus du travail ("celui qui travaille est un imbécile !") et un goût affirmé pour le tabac, l’alcool et les filles...

Pourtant en dépit de ce tableau, ces voyous venus de banlieue n’ont pas mauvaise réputation auprès de tous: le petit peuple dont il est issu le plus souvent n'aime pas la police et les soutient assez naturellement... Guignol aime rosser le gendarme, sous les applaudissement du public..

Mais les femmes dans tout ça ? Les filles Apaches ont un rôle au sein du gang et sont prises au sérieux lorsqu’elles donnent leur opinion. Ce qui, avec une société engoncée dans une morale bourgeoise comme un carcan omniprésent, leur confère une liberté qui est loin d'être celle des femmes dites "honnêtes" ! Si on schématise, une Apache se doit d'aider et protéger son homme, elle a du caractère et n’hésite pas à provoquer les hommes dans les bals. Messagère ou guetteuse, les hommes ne peuvent donc pas se passer d’elles...

Mais comme sur le dessin, le couple vit une histoire passionnelle: l’homme tape sa femme, et lui demande de se prostituer pour lui... mais se fait aussi tatouer son nom sur sa peau…
 Dessin © R (?)

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