31 août 2010

N. très loin, trop loin ?

1863 - "Ce n’est que quand mon mari et Maître m’a glissé à l’oreille que je ne serais pas fouettée que je me suis petit à petit relâchée..."

Je ne connais pas N. on apprend sur son blog qu'elle et son "propriétaire" de mari - qui parfois commente mes pages - vivent en Belgique.

Sur les images souvent en noir et blanc, on devine une belle jeune femme qui revendique ouvertement sa soumission et son chemin vers une forme d'obéissance conjugale. Ses textes dénotent un investissement avant tout amoureux, un jusqu'au-boutisme de couple au travers d'une découverte mutuelle de l'extrême... Pourquoi pas ?

Aujourd'hui, un message d'elle très fort qui m'a touché où elle raconte un moment de libertinage intense, une rencontre entre elle, son mari et un couple dont l'épouse est soumise, elle aussi. Jeux de mains, désirs de SM.

Elle va être mise à rude épreuve, au-delà de ce qu'elle imaginait... Extrait.

"(...) La rencontre débute bien. Les Maîtres nous font faire quelques épreuves de soumission et nous laissent flirter à deux devant leurs yeux... Une séance de fouettage est prévue en guise de cerise sur leur gâteau.

Ils ont débuté avec l'autre femme qui spontanément avait demandé de commencer. Immédiatement j'ai été terrifiée par la violence avec laquelle son Maître la fouettait.

Très vite, j'ai littéralement été tétanisée. Ses fesses, car Il ne visait que cela, tremblaient pendant d'interminables secondes après chaque fouettage. J'étais à ce point terrifiée que je ne peux dire combien de coups de fouet elle a reçus... Par contre, entre chaque coup, son Maître attendait que les nerfs de ses fesses se calment afin de la faire encore languir et craindre un peu plus le prochain coup. 

Interminables secondes d'un silence lourd de crainte qui s’écoulent avant qu’Il ne relance son fouet en direction des fesses de ma partenaire de soumission.

Quand ils l'ont détachée, ils m'ont prise pour m'attacher à mon tour, je ne savais même plus dire un mot tant que j'étais pétrifiée. Ils m'ont bandé les yeux. Je ne bougeais toujours pas, j'étais dans un autre monde. Heureusement, mon mari qui me connaît bien a, sans que je l’entende, proposé à l'autre Maître de me caresser plutôt que de me fouetter. 


J'ignorais cela et suis donc restée longtemps terriblement tendue sans pouvoir me lâcher.. (...)"

C'est un signal. Oh, j'aime bien cette histoire qui montre que quelle que soit notre niveau de désir, nos envies, nos fantasmes, on a toujours des limites, à un moment ou un autre. Et que parfois il faut faire attention de ne pas les dépasser, sous peine de se perdre.

Images © N

17 commentaires:

  1. J’ai découvert N et son blog depuis ses commentaires sur propre espace. Je ne suis pas assidue mais je lis parfois leurs textes.

    J’avoue qu’au départ j’étais surtout séduite par le corps extraordinairement beau de cette femme ; ensuite je me suis laissée emporter, comme vous, parle don total à son mari (et Maitre). Il y a quelque chose dans leurs expériences qui est de l’ordre de « l’aventure » et du « péril » qui impose une forme de respect à la ‘voyeuse’ que je suis.

    Parfois effleure une fragilité qui laisse à penser que son mari est attentif et aimant à ce qu’elle est ‘capable’ de supporter. Et dans ce texte, il en donne la preuve. Joli couple.

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  2. Extrème , c'est le mot. Expérience de vie , confiance, empathie.
    Heureusement .

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  3. Depuis que j'ai lu cette histoire hier soir , j'y ai beaucoup repensé. Je comprend qu'elle ait été térrifiée , N. Le plus terrifiant , à mon avis, c'est qu'elle semble avoir perdu la faculté de dire un simple mot:Non!
    La soumission , c'est décidément , définitivement , pas mon truc.

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  4. Effectivement je suis belge et fort flattée d’être reprise sur votre bloc … mais encore plus flattée que vous me dites jeune !
    Nous vivons une très belle histoire d’amour depuis 7 ans après avoir été mariés chacun de notre côté pendant longtemps auparavant.
    Et la D/s fait partie de nos jeux même s’ils ne sont qu’une partie de notre vie. C’est venu petit à petit en découvrant les plaisirs physiques avec mon nouveau mari que nous y sommes arrivés. Il faut dire qu’avant de le connaître, je pensais à peu de chose près que mon corps ne servait qu’à mettre mes vêtements en valeur. Je n’étais pourtant pas jeune mais le sexe ne me disait rien. Comme quoi la vie et l’amour peuvent vous changer très radicalement.

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  5. Hello, N, OK, ne nous braquons pas sur la "jeunesse" ou le mot "jeune", qui est parfois techniquement relatif, évidemment selon son âge et sa génération, bien entendu. "Jeune de corps", "d'esprit", "de fait", peu importe. Ce n'est pas un paramètre qu'on maîtrise...

    Je ne cherchais pas à vous flatter, mais j'ai été très touché par ce récit et l'angoisse exprimé, même si je sais à vous lire que vous êtes VOUS avant tout dans la complicité conjugale, ce qui m'importe.

    J'ai souri, en vous lisant sur ce point: non, vous avez bien raison, le corps ne sert pas qu'à mettre les habits en valeur, à moins de se prendre pour un cintre ou un porte-manteau...

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  6. Je n'ai pas voulu gacher l'ambiance en apportant un bémol mais puisqu'Emma ouvre une brèche je m'y engouffre... Je la rejoins dans cette idée du "non" qui doit pouvoir être exprimé à un moment donné, quelque soit le degré de soumission et d'abnégation qu'on a décidé de s'imposer.

    Je peux comprendre le désir de soumission, mais ce que je n'admets pas, c'est que le "maître" puisse user de son pouvoir pour orienter le dominé vers une situation dans laquelle le plaisir ne serait pas partagé.
    Un abus de pouvoir en quelque sorte ; qui entache quelque peu cette notion d'"amour" et de "couple".

    En l'occurence, dans l'histoire relatée ici, il lui a signifié, dans sa grande bonté, qu'elle ne serait pas fouettée. Mais cela aurait du couler de source, elle n'aurait pas du être amenée à douter de lui et à ressentir une appréhension sur le déroulé de la scène.

    A mon sens il ne peut y avoir harmonie dans ce type de relation qu'à cette condition de confiance totale et de perception sans faille de ce que ressent exactement l'autre à chaque étape du jeu.
    Si les rapports de force peuvent être différents sur un plan érotique, intellectuellement chacun dans le couple doit être à égalité dans sa volonté et sa recherche. Lorsqu'un soumis est prêt à tout accepter, là ça fait presque pitié...

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  7. Khorynn je comprends parfaitement vos propos mais ce que vous évoquez ne se peut pas 'vraiment'.
    L'essence d'une relation D/s est la dissymétrie. L'un a le pouvoir, l'autre ne l'a pas.
    Si ce n'est pas ainsi, on n'est plus dans une relation de cet acabit mais plutôt dans une pratique alternative qui utilise certains jeux du Bdsm
    C'est le cas de la plupart d'entre nous (y compris moi) ; néanmoins cela ne peut se traduire par une relation dite Bdsm (comme celle de N.).

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  8. Vraiment, ça ne se peut pas Nush ?Ne peut-on détenir le pouvoir dans un relation D/s sans pour autant entraîner le soumis vers un jeu qui a toutes chances de lui déplaire ?
    Sinon, si le but est justement de pousser l'autre aux confins de ce qu'il peut supporter et au mépris de ses réels désirs, peut-on encore parler d'amour -en tout cas de la part du dominant ?

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  9. Je n’ai pas évoqué le fait qu’on doive accepter une pratique que l’on ne souhaite pas. J’ai dit que c’était dissymétrique.
    L’un doit ‘savoir ordonner’ et l’autre ‘accepter d’obéir’.
    Il y a un enjeu de pouvoir et il n’est pas anodin, loin de là.
    Néanmoins la finesse d’un ‘bon dominant’ c’est de laisser planer ce doute, cette imprécision sur ce qui va se passer.
    Ne croyez pas que cette situation n’est pas désirée par « N ». C’est justement cette incertitude qui crée la jouissance intellectuelle de la masochiste.

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  10. Bien Nush... je comprends ce trouble lié à l'incertitude quant à ce qui va réellement se passer... mais pensez-vous que celui qui détient le pouvoir, et peut en user pour entrainer l'autre sur des sentiers très -voire trop- abrupts, puisse en dépit de cela éprouver un amour aussi profond que celui que lui porte le soumis ?

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  11. Je ne sais pas du tout ce qu'en pense Nush, mais je suis certain que la réponse est oui, évidemment. Il ne faut pas avoir de ces rapports consentis une vision par trop "diabolisante"... Les femmes qui plongent dans les méandres de ces plaisirs-là ne sont pas toutes de "pauvres femmes soumises et dépendantes" au mâle...

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  12. Il me sembe évident qu'à aucun moment je n'ai pensé aller au delà de ce que N ne peut accepter ou qu'elle n'apprécierait pas.
    Par contre, j'adore la voir fébrile et craintive dans l'incertitude de ce qui va suivre. Et contrairement à ce que certains pensent peut être, elle adore ces moments également et obtient ses plus grands orgasmes après être passée par ces émotions là.
    Car si nous jouons à ces jeux la, c'est bien sur pour le plaisir des moments présents mais le but final reste l'atteinte d'un plaisir qu'on aimerait cahque fois plus grand après.

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  13. petite française5/9/10 19:19

    Stan,

    J'ai une vision moins jusqu'au boutiste de l'histoire de N et de son couple. Mais j'ai déjà fait part de mes réflexions il y a longtemps sur leur blog et je ne souhaite pas surenchérir ici.

    Mon commentaire est donc plus général.

    La vigilance de celui qui dirige est justement de sentir cette limite où l'on risque de casser l'autre. Vigilance est un mot que l'on peut démultiplier : expérience, attention, affection, amour...

    Au contraire, pour elle (ou lui) la confiance doit être telle que le franchissement des limites est possible, probable ; limites même inconnues et peut-être surtout inconnues.

    Sinon à quoi bon choisir un guide ?

    Ne jamais oublier qu'une telle mise en situation n'est qu'un moyen, jamais une fin.

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  14. @pf: absolument d'accord sur ce que vous exposez là et sur les attitudes de chacun, dans ce domaine si trouble. On ne peut dépasser ses limites que si on s'abandonne, et là, confiance obligatoire de mise, évidemment. Impossible de fonctionner sans celà, je crois. Que ce soit un "il" ou une "elle", comme vous le dites bien.

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  15. PdeN dit "à aucun moment; je n'ai pensé aller au delà de ce que N ne peut accepter ou qu'elle n'apprécierait pas. Par contre, j'adore la voir fébrile et craintive dans l'incertitude de ce qui va suivre.

    C'est évident. J'avais bien compris ça, mais je crois que c'est bien de le rappeler pour que chacun(e) comprenne bien qu'il n'y a pas contrainte "réelle"mais jeu accepté, demandé, souhaité, partagé et donc vécu en osmose.

    "Jeu" n'étant pas un mot qui "minimise" l'investissement des deux, je sais que parfois il déplait et sonne de façon péjorative, là où il est surtout pour moi notion de couple et de "consentement mutuel"...

    Il n'est pas de plaisir sans ça.

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  16. Je vais essayer d'être sérieuse là 5 mn... :)

    Je suis très sensible à la façon dont petite Française parle de cette forme de relation qui à mon sens rejoint le domaine de l'initiatique. Chacun apprenant de l'autre par ailleurs. L'un est dans l'empathie profonde et l'autre dans la confiance totale.

    Le - Je sais que tu peux le faire et je t'emmène plus loin que tu n'aurais jamais osé l'espérer - et le - Je m'en remets entièrement à toi, je me laisse partir, j'ose connaitre mes limites profondément, les 'digérer'...pour m'en nourrir !

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  17. D'accord, je comprend très bien ce que vous voulez dire les unes et les autres...mais , je trouve ça flippant quand même.

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