30 janvier 2012

La fille du TGV !

 2612 - "Valeurs sûres !"

Ah, cette nouvelle suite de l'histoire, envoyée par une autre lectrice se rapproche drôlement de ma façon de voir et de mon état d'esprit du moment... On s'y croirait.

Suite en sol mineur:
"Il entre dans la chambre, referme la porte, s'y adosse, et la regarde, sans rien dire, l'air sévère.

Mmmff, elle a dû pousser le bouchon un peu loin. Son sorbet aux fruits rouges ne semble pas l'avoir aidé à digérer le coup bas qu'elle a tenté de lui faire. Mal à l'aise, elle essaye de rompre le silence :

- "Humm, fâché ?"

Il ne répond pas et se contente de la toiser de la tête aux pieds, jouant de son malaise.
Wahhh, elle voudrait disparaître sous terre ! Elle remonte ses pieds sur le fauteuil, ramène ses genoux sous son menton et enserre ses jambes de ses bras, fixant le sol... Puis relève lentement les yeux vers lui et d'une voix timide, rompt à nouveau ce silence terriblement pesant :

- "Tu vas me donner une fessée ?"

- "Je ne crois pas, non ! Pas maintenant en tout cas. Pas certain qu'on soit sur la même longueur d'ondes. Tes mouvements d'humeur particulièrement déplaisants, sur le net, passe encore. Je mettais ça sur le compte d'un mode communication que tu maîtrisais mal. Mais ta conduite des plus incorrectes au restaurant, ce soir, est inacceptable ! J'attends de celle qui m'accompagne un minimum de tenue. Ce geste sous la table, fière de toi ?!"

Honteuse, c'est elle maintenant qui se tait, le regard rivé sur le tapis.

C'est vrai que sous ses airs sans façon (comme les mots qu'il emploie dans ses récits, simples, juste évocateurs, et jamais vulgaires), on perçoit une certaine distinction, sans ostentation aucune. C'est une des choses qu'elle apprécie d'ailleurs chez lui.

- "J'avais prévu une ballade au clair de lune. Mais je vais y aller seul pendant que tu réfléchis. Soit tu choisis de rester et tu te plies à MES règles en adoptant un comportement qui me convient. Soit tu reprends le prochain TGV qui passe dans un peu plus de 2 heures... J'aimerais que tu me regardes quand je te parle !"

Elle redresse la tête en se mordant la lèvre inférieure. Elle n'en mène pas large...

- "Ai-je été suffisamment clair ?"

Elle hoche doucement la tête en signe d'acquiescement.

- "Je voudrais entendre ta réponse."

- "Oui..."

- "De façon audible, je te prie !"

- "Oui !"

Il la regarde droit dans les yeux et sort.

Aïe ! Il veut bien jouer, mais pas avec n'importe qui, ni n'importe comment. Elle aime cette exigence. Elle n'aime pas les parties faciles. Elle aime aussi sa maîtrise de lui: il n'a pas eu un mot plus haut que l'autre.

Il a su lui mettre ce qu'il fallait de pression. Elle sent cette boule au ventre l'envahir...

Combien de temps va-t-il la laisser là, seule, dans l'attente, se posant mille questions sur la façon dont il va décider de régler les choses ? Va-t-elle en être quitte pour une bonne fessée ou bien va-t-il aussi lui extirper des mots qu'elle a tant de mal à dire ? 

Se montrera-t-il réconfortant ensuite ?..."
Texte © S.

3 commentaires:

  1. Rho la la ! So ! Rien qu'à lire ces quelques lignes, je me suis presque vue dans l'ambiance ! J'aime beaucoup, beaucoup ta description

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  2. On s'y croirait... Je me suis mordue la lèvre avant même d'avoir lu la phrase !

    Tes lectrices ont vraiment du talent.

    C'est chouette d'avoir à nouveau le temps et l'envie de revenir ici.

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  3. Exactement comme toi, Céline, je me suis mordu la lèvre également.
    Bravo à la rédactrice, l'espace d'un instant, j'avais l'impression d'être dans la chambre en train de me faire disputer... J'ai vraiment adoré !

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