07 mars 2012

"J'ai rencontré Stan..." (1)

 2650 - "LA rencontre avec l'Auteur !"

"Prévenir les copines..."

"Très régulièrement, trop sans doutes, des questions restent sans réponses en ce qui concerne le créateur de "au fil...": vit-il ce qu'il raconte ? Qui sont "Elles" ? Et ses fesses à lui, hein, à quoi ressemblent-elles ? On peut en avoir une photo ?... 

Alors, Stan, obsédé onaniste ou réel séducteur ?...

J'ai décidé de savoir ce qu'il en était et de répondre une fois pour toutes aux questions (ô combien légitimes !) de nombreux lecteurs. Et lectrices.

Le plan de guerre pour appâter mon oiseau est infaillible: je lui envoie une photo des fesses de Jennifer Lopez (dont je prétend bien entendu sans vergogne qu'elles sont miennes), accompagnée d'un mail sans équivoque lui expliquant mon désir de fessée et autres soumissions à tous ses fantasmes, si il en a envie.

Satisfaite, je vais ensuite me préparer un café.

De la cuisine j'entends ma boite e-mail se signaler. Pas mal ! Ça marche encore plus vite que je ne le pensais ! Je sirote mon café et entends que plusieurs mails sont en train d'arriver.

Six ? Stan m'a envoyé six mails ?  

Mmmh, le gaillard est plus réactif que je ne l'aurais cru. "C'est du tout-cuit" me dis-je...

Son premier mail exprime dans un français approximatif (l'émotion?) qu'il "veut bien me rencontrez ojourdui ou demin ou kand je veut ou je veut ché lui c'est mieut mais sinon ailleurs parseque c bien ôssi parfoi dallez ailleur..."

Les quatre mails suivants sont une succession de lettres de l'alphabet sans sens réel: "hjfgeuifjjcjcbj" ? Le dernier mail précise qu'il s'excuse des quatre précités, envoyés par erreur suite aux vibrations du bureau contre lequel il était occupé à se branler en regardant la photo de "mes" fesses.

Bon... En définitive à moitié convaincue par la rencontre, je fixe rendez-vous à Stan pour le lendemain dans un café assez proche de mon lieu de travail. Je lui propose de tenir un journal en signe distinctif.

Arrivée sur place, un brin nerveuse, je cherche l'homme au journal... Il est là. Je m'approche de Stan, curieuse de découvrir enfin le visage de l'homme qui écrit si érotiquement parfois...

Et je découvre, si besoin en était, à quel point l'anonymat du Net peut être souhaitable :

Car Stan est petit, maigre, presque rachitique.Ses cheveux rares collent en mèches poisseuses sur son front moite, il a un teint jaunâtre et une chemise qui l'est tout autant, même si on devine qu'elle fut blanche jadis.

Il m’aperçoit et tente un sourire qui se veut sans doute engageant, mais qui a pour seul effet de dévoiler sa bouche fétide et édentée. "Bonjour..." dit-il en me tendant la main. Poliment, je prends cette main froide et humide, avec l'impression fugace de serrer un crapaud mort.

Je m'assied face à lui. Journaliste appliquée, je tente alors mes premières questions:

- "Bonjour Stan, peux tu me parler un peu de ton blog ?" 

Un regard éteint pour toutes réponses. Courageusement je continue;

- "Euh, qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire ? C'est un rêve d'enfant ou... ?"  

Toujours cette même lueur étrange d'incompréhension dans le regard. Tout-à-coup Stan se penche vers moi et, avec une haleine épouvantablement putride, me souffle:

- "Dis, t'as dit qu'tu voulais baiser avec moi. On y va, là ?"

Euh...

J'esquive immédiatement en prétextant la nécessité de se connaître préalablement. Stan soupire et accepte de mauvaise grâce de répondre à tout ce que je demanderai, si tant est qu'on "baise après, hein ?"...

J'apprendrai donc, si j'ai bien compris les borborygmes que Stan aurait voulu être taxidermiste mais que cela ne c'est pas fait. Il a travaillé quelques mois comme chauffeur-livreur avant d'être renvoyé pour d'obscures raisons. À présent, il "cherche"...

Toutes les questions que je lui pose ensuite restent sans réponses. Je sens le petit homme de plus en plus excédé. Il me regarde et murmure à nouveau. "Bon, ça y est ? C'est bon, on baise ?"

Je sens avec horreur sa main glisser sur ma cuisse. D'un bond je me lève, prétextant un rendez-vous urgent. Stan perd alors son calme et se relevant également d'un bond glapit:  

- "Salope ! T'as promis qu'on baiserait !"

Je recule vers la porte de café en murmurant que ce sera peut-être pour une prochaine fois... Le petit homme en face de moi a les yeux qui 'injectent de sang. Il transpire abondamment à présent et avance, menaçant.

Je sors dans la rue. Il me suit toujours en clamant, hystérique: "j'vais te baiser ! J'vais te baiser !" La peur est là à présent. Il faut fuir. Je remercie le bon sens qui a voulu que j'évite les talons aiguilles aujourd'hui et me mets à galoper.

Derrière moi, je sens avec terreur que Stan court également. Ses longs doigts moites tentent d'attraper mes cheveux. Son souffle nauséabond envahit mes narines tandis qu'il hurle d'une voix stridente: "Sale pute, sale pute, j'vais te crever !"

La chance est avec moi ce jour là, et je finis pas distancer le petit homme. Je ne retourne pas travailler l'après-midi. Choquée, nerveuse, épuisée, je rentre. Je suis en vie. Ce salaud de Stan ne m'a pas eue. Mais ma responsabilité est maintenant énorme. Il faut prévenir, témoigner que cet homme peut être dangereux. Immédiatement.

J'allume mon PC, et me connecte sur "Au fil des jours...". Au moins poster un commentaire attirant l'attention des innocentes sur la personnalité réelle de Stan.

Qui a posté d'ailleurs depuis ce matin ? Deux articles... J'y jette un œil. Étrange... Ils ont été postés pendant qu'il était avec moi, au café...? J'ouvre rapidement ma boite-mail et comprend alors ma méprise. Croyant contacter Stan, j'ai tapé une adresse erronée.

Merde ! Tout ça pour rien, c'était pas lui !

Bon, je n'ai pas dit mon dernier mot, monsieur Stan ! Je ne serai pas la première, mais sachez-le: Tout ! je ferai tout. Mais je vous rencontrerai !"

Récit d'une opportunité avec "moi". Allez, un petit "concours de textes", les filles. Vous avez déjà fait ça avec brio, lançons le principe "j'ai rencontré Stan..."

Si vous avez envie de raconter votre expérience de rencontre, je prends avec plaisir ce que vous écrirez.

Et...

Qui sait si parmi les histoires, il n'y en aura pas une (ou deux) d'authentique, glissée au milieu de ces hypothétiques fictions...
Texte © Une fille

10 commentaires:

  1. Je crois, quand on connait le blog, que "j'veux t'baiser !" ne serait pas ma phrase première, mais plutôt "j'veux t'fesser !" non ?

    Enfin, je crois que je serais une fille, je me méfierais.

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  2. La photo me flatte assurément. Je suis certain que celles de mes amies lectrices avec qui j'ai déjeuné (au minimum) auront à cœur de confirmer que je suis effectivement un petit bonhomme douteux et assez repoussant. Et j'attends avec impatience "j'ai rencontré Stan" 2 et 3 et 4 etc.

    Et aussi "Pourquoi je n'ai PAS rencontré Stan,", tiens...

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  3. Mon Dieu ! La trouille de ma vie ! Un vrai cauche-marre !
    ...C'est pour ça qu'il n'a plus mon adresse mail alors ! C'est parce que c'est pas lui !

    Je vais lire le n°2 pour en savoir plus…

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  4. Ah ah, j'aime beaucoup l'idée... et le texte ! Il m'a fait penser au sketch des Inconnus (je crois bien que c'était eux) :
    "Hé, est-ce que tu baises ?"
    "Et sinon, après le cinéma, est-ce que tu baises ??"
    Je m'en vais de ce pas déguster les textes de ces rencontres. J'crois que je vous en dois, un du coup. :)

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  5. Je veux, oui !... J'avoue que j'ai failli mettre le beau Didier "et après est-ce que tu baises" Bourdon, dans ce sketch pastiche de "tournez manège"... avec Michèle laroque. C'est là.

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  6. Oh, mais je n'avais pas vu sa photo ! Vous voyez, je suis comme vous, mais en pire : une vraie taupe doublée d'un poisson rouge (pour la mémoire).
    Merci pour le lien vers la vidéo. Une immense tranche de rire bien française, bizarrement décalée depuis la nuit tropicale et son concert de bestioles...
    Des bises nocturnes, cher Stan !

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  7. Alors pardon de déflorer le mythe (si tant est que j'en génère un dans l'esprit de mes blogueuses préférées, on peut toujours rêver, hein...) mais je dois avouer que les lunettes de Didier dans ce sketch ressemblent pas mal aux miennes quand je n'ai pas mes lentilles...

    Une amie dont j'étais vaguement amoureux m'avait dit (j'avais 17 ans; j'en ai souffert) que mes lunettes lui rappelaient le poisson rouge (mes yeux) vus à travers un bocal...

    J'avoue que le jour où enfin j'ai pu m'en passer a été une sorte de revanche... Comme quelques mois plus tard, étant parvenu à "sortir avec " comme on dit et où je lui ai donné une bonne fessée au cours de nos ébats, sans d'ailleurs lui expliquer cette nuit-là que si je la claquais aussi fort c'était aussi pour me venger du camouflet.

    Joëlle, gentille petite conne... Doit avoir passé le demi-siècle aussi, hein.

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  8. Chère Chut, euh... Ahem, j'ai mis la photo de l'Inconnu APRÈS votre rappel, c'est pour ça que vous ne l'aviez pas vue.

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  9. Ah, je me disais aussi... Merci d'avoir dissipé mes doutes sur un Alzheimer précoce !

    Pour les lunettes, je compatis : j'étais aussi dotée de sacrés culs de bouteille avant de me mettre aux lentilles. Elle sont changé ma vie (tant sociale que sexuelle !). Bon, faut aussi dire que j'ai (hélas !) -13... ce qui représente un GROS cul de bouteille.

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  10. -15... Une "supériorité" sur vous, ma chère, dont je me serais bien passé. Si vous connaissez Raymond Calbuth, c'est moi les cheveux en plus.

    Mais personne ne me verra jamais comme ça parce que e n'ai pas envie que les mômes me jettent des pierres et que donc en conséquence je ne sors qu'avec mes lentilles...

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