08 février 2016

DIX ANS: premier texte-cadeau...

3310 - "Un premier texte, pour le plaisir..."

J'ai demandé une faveur pour fêter les dix ans de ce blog, venant de vous cette fois. Un texte, écrit exactement comme vous voulez, pour acter votre rapport avec "Au fil des jours..." Quotidien, mensuel, de temps en temps, je ne sais pas qui vous êtes ni d'où vous venez. mais j'aime savoir ce que ça vous apporte et ce qui vous pousse à revenir dans ces pages "troubles"...

Merci au passage de votre constance et par avance, de votre texte, s'il vous prend l'envie de coucher quelques lignes sur l'écran...

Celui-là est le premier et j'en espère bien d'autres, fictions ou réalités passées, qu'importe. C'est à vous de raconter votre approche de la fessée, en rapport avec le blog ou pas., en clair, à vous de joui... euh, de jouer.

Dix ans, ça se fête, n'est-ce pas ? Happy birthday to all !

6 février 2006 - 6 février 2016

DIX ANS DE BLOG !

La fessée d'anniversaire...

"Il était sorti de nulle part, comme un diable de sa boîte. Je ne l’avais pas vu venir et il avait télescopé ma vie comme un grand soleil tendre l’espace de quelques nuits d’ivresse et de rêves un peu fous. J’avais à sa lueur fondu comme une poupée de cire que je suis malgré moi. J’avais écouté sans réfléchir les paroles tranquilles qui sortaient de sa bouche en perpétuel sourire. Je ne comprenais pas bien la grille de sa vie mais je savais que cet homme-là avait trois choses dont j’avais éminemment besoin : un cerveau puissant, une élocution parfaite et des mains d’orfèvre.

Oui, je sais, je suis exigeante. Je ne les aime ni bêtes, ni muets, ni "branques" – comme dirait ma grand-mère. Ah oui, ne confondez pas, je m’accommode des taciturnes, de ceux qui parlent peu – les grands malades ne sont-ils pas tous un peu comme ça, moins volubiles que la moyenne et plus retors aussi ? Mais je ne transige ni sur l’agilité du cerveau ni sur celle des mains. Si vos paluches ne sont pas capables d’agripper mes rondeurs, de calmer mes angoisses et de rougir ma peau, alors, Messieurs, passez votre chemin, nous ne ferons pas affaire !

Lui, c’était une drôle d’affaire. Comme un désir non sollicité. Comme un ami de longue date qui, soudain, se dévoile et avoue son envie. Mon esprit ne l’avait jamais envisagé que comme un homme de plume talentueux, jamais comme un corps de chair et de sang. Nous échangions de loin en loin sur un ton badin et savions que nous partagions un langage de cœur et une bienveillante présente. 

Et puis, à mes vœux de bon anniversaire, il avait répondu avec cette phrase subtile mais néanmoins limpide: 

"Si la nostalgie vous prend d’une fessée, je me ferais un plaisir de vous délivrer du mal !"

C’était tellement direct comme approche que j’en avais été sonnée. Offusquée même de penser qu’il avait pu interpréter mes messages comme des approches ou des tentatives de quoi que ce soit alors que je n’avais jamais envisagé nos échanges que comme d’amicales missives. Sa tirade me toucha néanmoins au cœur. Je m’enflammais comme une jeunesse et le madré performeur reçut avec avidité mes marques d’intérêt et de manque évident.

Je savais ne pas avoir à me protéger de lui car il n’était pas homme à blesser la gente féminine – il l’appréciait trop pour cela. Je lui laissais ma modestie et ma mesure aussi. En vrac, comme d’habitude, pas très ordonnée, lui laissant le soin de trier et de réordonner mes pensées à son goût, ce qu’il fit, en homme décidé, sans aucun ménagement et de façon abrupte, froissant au passage ma sincère bienveillance et mon désir d’échange. Il se défendait d’être "Maître" mais était un dominant né auquel la femme que je suis n’aurait jamais dû se présenter autrement qu’en soumise.

Je ne crois pas avoir désiré une fessée autant que celle qu’il m’a donnée pour mon anniversaire, un peu sans y penser vraiment. Et je ne crois pas avoir aimé non plus une fessée autant que cette fessée d’anniversaire. Nous avions eu le temps lui de créer un cadre correspondant à ses habitudes et moi une idée très physique et non conceptuelle de ce que j’attendais vraiment. J’étais venue chez lui verser mes larmes. Je voulais donner un autre départ à ma vie, oublier toutes les formes de servitudes imposées et ne garder du corps-à-corps que le plaisir physique et la fonction rédemptrice. J’ignorais s’il cherchait la pratique ou si les quelques confidences que je lui avais faites l’avaient poussé à inventer un scénario qui le conforte dans son idée de distance factice ente nous.
 
Bref, il ne m’appartenait pas de disséquer ni ses motivations ni ses projections.

Mais je savais qu’il voulait mon cul pour le fesser avidement; alors je le lui donnai sans autre forme de retenue. La rencontre de nos peaux se fit un mardi d’hiver que je n’oublierai pas. Le souvenir de sa chaleur est encore bien vif dans mon esprit. Rouge vif. J'arrivai très tôt et, contrairement à ce que nous anticipions, la tension s’était tue entre nous. Pas de joute ni de lutte en vue. Je n’avais que ma tendresse à lui offrir: celle de mon cœur, de ma bonne humeur, celle de la peau de mon derrière.

Quant à lui, il était généreux de ses sourires qui pullulaient dans ses grands yeux, sur sa bouche, dans ses manières généreuses et même dans son appartement simple mais accueillant. Nous n’étions plus que deux adultes consentants et rieurs qui s’apprêtaient à passer un bon moment. 

Et ce qui devait arriver arriva.

Au premier impact, une petite fissure d’abord puis une faille nette et, enfin, au fil des chocs mats, une crevasse immense fendit mon cerveau en deux. D’elle commença à s’échapper la peine, la vexation, les questions qui squattaient mes pensées depuis quelques mois. Tous ces sentiments vénéneux s’écoulaient au rythme de ses claques puissantes sur mon arrière-train offert. Bientôt, l’exode des pensées sombres fut rejointe par le déferlement des larmes. Mes sanglots n’interrompirent pas le cours de cette fessée magistrale. Elle n’était pas finie, il le savait, avant que je ne me vide de tout ce qui me polluait.

Pendant que ma conscience purgeait ses noirs nuages, je le sentais exercer son art comme un prêtre son ministère: calmement, inexorablement, avec toute l’assurance et l’intention que donnent des années d’engagement. Et je sentais cependant, à ses multiples écarts, paroles et gestes, qu’il était fort joyeux de cet échange où il se trouvait utile en plus d’être agréable. Il manifestait son enthousiasme bruyamment et je sentais son effort s’imprimer douloureusement sur mes fesses. Quel plaisir de susciter un tel enthousiasme et de pouvoir donner à un si bel homme un exutoire aussi efficace ! Il me faudrait bientôt demander grâce...

Tout contre mon ventre, son sexe tendu témoignait de l’envie qui le gagnait. Nous étions pourtant convenus que le volet sexuel de la fessée n’était probablement pas une bonne chose. Sa main s’accordait si bien avec mon postérieur, pourquoi gâcher cette plénitude avec des interférences animales ? Plaisir. Plaisir pur et joyeuse complicité.

C’est un peu ce qui me vient à l’esprit quand je pense à lui maintenant que nos chemins se sont un peu éloignés. Il me met le sourire aux lèvres et je ne doute pas une seconde que je lui donne des fourmis dans la main..."
Texte © @ChaLadybug
Image: " Les Quinze Joyes de Mariage" © Maurice Leroy

32 commentaires:

  1. Dix ans ! Whaoooo ! Dix ans de dessins, de photos, de vidéos, de textes. Dix ans d'écarlate, mais pas tant pour moi qui a pris le train de Stan en marche. Un lien masculin excité par le féminin des croupes consentantes à la claque. Curieux je le suis de ce qui est invisible en dehors de pages passionnées, presque dévergondées. Un blog qui devient ami et qu'on visite pour être encore étonné, pour se rassurer que la source n'est pas tarie. Dix ans en espérant que le terminus est encore loin et que jamais il sera atteint. Alors Stan, remet du charbon dans la loco, il y a beaucoup de voyageuses et voyageurs dans les wagons.

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    1. Parfois je doute un peu... Merci Mike.

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  2. Bon anniversaire à vous en espérant que vous aurez plein de jolis textes .

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    1. Chère Dita, n'hésitez pas à en rédiger un de votre main... Je suis certain que vous pouvez faire ca,,, des mots, quelques paragraphes, une ambiance... Je vous attends.

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    2. Vous aussi ! J'avais oublié. C'est un truc de fous, tous ces gens nés au mois de février à quelques jours d'intervalles ici ! A croire qu'être verseau, c'est être prédestiné à la fessée !
      Bon anniversaire un peu en retard, Stan

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    3. MON anniversaire c'est cet été, celui du blog c'est passé, le 6, mais je suis certain que vous aviez fait le distinguo... Merci Misty, c'est gentil.

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    4. j'écris bizarrement et mes mots sont tout tordus.Mais pour avoir demandé parfois des textes ou des photos, je vais essayer de faire un petit cadeau pour l'anniversaire

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  3. Cher Stan,
    Forcément, j'ai rougi en voyant mon texte publié sur votre blog ! Et si justement illustré.
    Il me tarde de découvrir vos autres cadeaux car, fidèle lectrice, je le sais bien que vos lectrices - et vos lecteurs d'ailleurs - ont du talent.
    Permettez-vous que j'exprime un voeu ? Celui de fêter de nombreux autres anniversaires de votre endroit - et donc que vous continuiez bien au-delà du billet 3500 à nous réjouir.
    Cha

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  4. En fait je voulais arrêter sur un chiffre rond. 3333 me semblait bien et on s'en approche.

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  5. Bon anniversaire Stan!
    Poussez donc jusqu'à 333333 pour prolonger encore plus notre plaisir de vous lire.

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    1. Ça fait beaucoup. Mais merci evidemment...

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  6. Bon anniversaire, mon Cher E.

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    1. De rien, ma chère C. Tu sais que je suis fier de te compter encore en dépit du temps qui passe parmi mes lectrices assidues et que me reste quand je repense à toi le regret d'avoir suivi des principes... qui me semblaient judicieux en leur temps.

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  7. J'espère bien que tu regrettes !!! C'est pas faute d'avoir essayé pourtant. A croire que je n'avais pas les bons arguments ou que tu étais trop obtu. Quoiqu'il en soit, t'as toujours ta place dans ma tête.

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    1. Ce n'est pas vraiment une question d'arguments de ta part. Tu es une charmante jeune femme, nul n'en doute. Mais les scrupules - que d'ailleurs j'ai gaillardement écornés quelques années plus tard - avaient un sens à mes yeux... À l'instant T.

      Nul doute qu'il en serait autrement désormais, je crois, mais certains trains ne passent qu'une fois. C'est betta de les rater... Mais c'est comme ça...

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  8. Joyeux anniversaire à vous et votre blog Stan ! 10 ans ce n'est pas rien. Je vous souhaite l'envie de persévérer et de continuer à nous réjouir de vos textes et images, encore très très longtemps :-)

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    1. C'est gentil... Mais j'ignore si dans dix ans j'aurai encore la substantifique moëlle pour poursuivre, ni meme d'ailleurs si je serai encore là...

      "Carpe Diem" me disait une charmante jeune femme il y a quelques jours... Je crois que je vais suivre le truc et avancer au jour le jour... En attendant de belles surprises. Enfin j'espère.

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  9. Il y a des périodes de vie où il est plus difficile que d'autres de se projeter c'est vrai (séparations, changements divers) et on n'a alors pas d'autre choix que de se laisser porter et d'accueillir les belles surprises... C'est bien aussi le lâcher prise :)
    Peu importe après tout dans dix ans où nous sommes si la route a été belle.

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    1. Pile gagné. Je suis en plein dedans... Se refaire. Pas simple mais rien n'est insurmontable en l'espèce, et je surmonterai. Et la route sera ce que nous en ferons...

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  10. Il s'en passe des choses en 10 ans... quel vertige. Happy anniversaire à ton blog alors.

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  11. Je ne saurais pas le dire.
    Je ne saurais pas dire tout ce que ce blog m'a apporté.
    Je n'ai pas la belle écriture qu'il faudrait pour décrire ce que ce blog a dénoué en moi.
    Je n'aurais pas les mots qu'il faut pour dire ma culpabilité envolée.
    Je n'aurais pas le style pour raconter le bien-être , le soulagement , savoir qu'il y en a d'autres qui n'ont pas l'air si tordu que ça ,en fait.
    Je n'aurais pas l'humour qu'il faut pour dire comme c'est bon d'en entendre parler et d'en parler avec humour.
    Je me contenterai d'un seul mot: Merci!

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    1. moui, bon ça me fait un peu penser à certaines astuces employées en dissertation par des élèves passant le bac... Mais bon, ça passe. 4/20

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    2. Je vous croyais adepte de la fessée , pas de la gifle.
      Oubliez ça! Vous pouvez même effacer ma piètre tentative.
      So sorry

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    3. Le problème avec un blog , c'est que ce n'est pas comme Facebook , on ne peut pas retirer soi-même quelque chose qu'on a posté. Pouvez-vous le faire pour moi, et effacer ces deux posts ? Merci d'avance.

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    4. mais absolument pas, tout ça est dit sur un ton badin et amical. Et si, on peut supprimer son commentaire.

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    5. C'est juste que, du coup, j'ai un peu honte de ce que j'ai écrit! Mais ça n'est pas grave du tout: je suis encore capable de rire de moi!
      Et de vous!
      Oups!

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  12. Allons, ne vous y trompez pas et gardez votre humour habituel c’était gentiment moqueur, sans plus ni intention autre...

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  13. Bon anniversaire à ce blog. je me souviens de 2006 et de ce blog que l'on regardait d'une façon intriguée. Un premier dans le genre.
    Il a bien grandi le bébé, depuis... ;)

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  14. Amoureuse11/2/16 08:27

    Bon...j'avais envoyé un commentaire...mais "paf"! disparu...pourtant même pas un soupçon de bratitude et il ne me semble pas de toute ma vie avoir été "modérée" une seule fois de toute façon :p

    Je complimentais le texte de Ladybug...suis sensible à son style et la façon dont elle décrit la relation amicale qui soudainement se teinte avec trouble d'une nouveauté.La frontière entre l'amitié et autre chose est parfois tenue.

    Oui je me souviens lorsque j'ai franchi la porte de ce blog en ayant baissé les armes, et en comprenant que vous n'étiez pas si méchant que ça...:)

    Que ce blog reste un pur plaisir pour vous...et pour nous! Comme le dit si bien Mike...il y a plein de gens dans les wagons!

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    1. Je ne suis pas méchant mais je peux être très sévère. Après, question de fonctionnement mutuel, évidemment...

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  15. Je souhaite aussi un très bel anniversaire a ton Blog Stan. :) Comme j'ai touuuut lu (OUais parfaitement)Imagine le nombre d'heures que j'ai passé attaché dessus a me faire fesser ! :D j'y ai découvert plein d'artistes, plein d'autres blogs et d'autres personnes ... Oui je crois bien que tout ceci même si c'est avant tout un plaisir pour toi de remplir ton armoire mérite un grand merci pour nous l'avoir ouverte :) So long cowboy !

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    1. Your welcome my dear... Vous êtes toujours la bienvenue et tiens, si vous pouviez imaginer un truc sur le thème et rien que pour moi avec vos playmobils je me ferais un plaisir de publier ca ici...

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