11 septembre 2008

Une recette de tarte... Aux poils ?

698 - Eh non, en dépit de la belle affiche de Reiser, je n'ai jamais vu la fameuse "grande bouffe", (1973) probablement écœuré d'avance par le sujet, à vomir !

OK, l'histoire de ces quatre notables franchement antipathiques qui se font mourir d'indigestion, un suicide collectif par la nourriture, au cours d'un week-end à huis-clos est peut-être ce qu'il est convenu d'appeler un "chef d'œuvre du 7ème Art"...

... Mais cet ovni qui fit scandale au Festival de Cannes 73 et réalisé par l'iconoclaste Marco Ferreri ne m'a jamais tenté.

Comme d'ailleurs aucun de ses films, à vrai dire... Je n'en ai vu que deux ou trois au plus: "touche pas la femme blanche", à cause de l'affiche de Gir, (je suis fan de Blueberry) et "la dernière femme" dont je parle plus loin.

Pourtant, Mastroianni, Piccoli, Noiret, Tognazzi, Ferreol et même Bernard Menez...

Le trublion italien, sorte de Mocky transalpin chauve à barbiche, était dans les années 70 en guerre systématique contre l'ordre établi et la morale. C'est à travers tous ses films qu'il tentera de lutter contre les institutions et les bonnes mœurs qu'il abomine. Mais de façon tellement excessive, y compris scatologique, que le plus souvent il passera à côté de son but...

Reste un parfum de scandale et un "buzz" systématique à la sortie de chacun de ses films... L'art de choquer pour faire parler de soi. Ferreri mettait tous ses espoirs dans la jeunesse, la seule capable, à ses yeux, de changer le monde moderne. Il se désignait lui-même comme "un cinéaste du mauvais goût, poète dérangeant de la folie contemporaine et de la modernité cinématographique"...

Rien de moins.

Ses films sur la décadence de la société se terminent le plus souvent par la fuite, l'automutilation ou la mort volontaire de leur personnage principal !

Comme dans la dernière femme... (1976) (regardez l'affiche, osée en ces années-là - - une silhouette de femme sur laquelle la tête hirsute de notre brave Gégé - avec trente ans et autant de kilos de moins - est placée comme une touffe de poils pubiens...)

Depardieu s'y tranche la verge (!) avec un couteau électrique, sabordant par là-même sans le vouloir une campagne de pub sur le même produit qu'une marque d'électroménager se préparait à lancer en télé...

Et puis tout passe.

Les temps changent. Les mœurs évoluent. Ce qui exagéré et outrancier devient vite insignifiant et à force la démonstration tourna court...

Car même s'il tourna quasiment jusqu'à sa mort en 97, Ferreri ne survivra pas cinématographiquement parlant aux années 80. Après avoir tant fait parler de lui et déchaîné les critiques dans un parfum de scandale lors des seventies, la plupart de ses films sortiront ensuite dans l'anonymat et l'indifférence générale...

Reste la grande bouffe, donc, ce film curieux dans lequel il y a une petite scène de fessée entre Ugo Tognazzi et Andrea Ferreol. Enfin, très succincte. Jugez plutôt...



12 commentaires:

  1. J'ai vu ce film, par simple curiosité.
    Terriblement 'daté'; ce n'est pas un 'chef d'oeuvre' mais pas un 'navet' non plus. Quelques dialogues amusants, certaines scènes sont à voir...
    On peut s'en passer mais un long dimanche de grisaille ça occupe :-)

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  2. Daté je veux bien le croire. Comme le sont les films de Boisset, par exemple. On n'est vraiment plus dans la même époque et ces "pamphlets" en images des années 70 n'ont plus guère de sens 35 ans et après hors du contexte...

    Si je tombe dessus, un soir tard...

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  3. Aquarelle12/9/08 10:00

    Ce sont eux qui ont inventé la recette de la "tarte aux poils " ? j'en ai jamais entendu parler de ce film , mais je ne pense pas que j'aimerais le voir en plus ça doit se passer en vase clos d'après ce que j'ai compris ? les années 70 que ce soit les chansons ou les films ça ne me branche pas trop ... je ne voudrais pas faire ma pimbêche mais tout ce qui date de cette époque me fout le cafard , genre les tapisseries qu'ils mettaient sur les murs avec de gros motifs orange et noir , j'ai vu ça une fois ça m'a traumatisée , les meubles design aussi ça craignait , mais bon a cette époque ils cherchaient sûrement a sortir du genre ancien de leur parents certainement ... Ah si ! il a une personne qui a vraiment marquée les années 70" c'est ma BB ( Brigitte Bardot ) rire ! heureusement qu'elle était là quand même non ?
    (ca va je blagueee!)

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  4. Dans les années 70, vécues par moi sans traumatisme particulier, Brigitte était déjà à la retraite (du cinéma)... Elle a du tourner de mémoire deux ou trois films au tout début de la décennie, et pas les meilleurs, "Boulevard du rhum" avec Lino et "Colinot Trousse Chemise" avant de s'arrêter pour de bon et de se consacrer aux bébés phoques...

    Stan, nostalgique sans plus de sa post-adolescence...

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  5. Les années 68/70, c'était mon premier exil à Bruxelles, et j'étais plongé jusqu'au yeux dans le cinéma "underground"... A cette époque, Ferreri se goinfrait dans de bons restaurants, quand mes copains et moi nous contentions d'un sandwich parce que la pellicule coûtait trop cher et que le peu d'argent qu'on avait passait là dedans en priorité !

    Alors pour moi, Ferreri, qui tournait avec des grosses vedettes donc avec de gros budjets n'était pas un "pur", mais un nanti qui crachait dans la soupe pour se faire remarquer... Je me trompais peut-être, peut-être pas.

    Bien des désillusions plus tard j'ai vu "La Grande Bouffe", et je partage assez l'avis de Nush; mais je crois que je me suis plutôt ennuyé qu'autre chose.
    De toutes façons, ça n'est pas avec des rots des pets et des flaques de caca qu'on fait la révolution !...
    ( A mon humble avis... )

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  6. >Waldo: je cherchais un adjectif parfait pour ce film. Tu l'as trouvé: ennuyeux.
    Quant aux côtés 'pipi-caca' c'est cela qui est particulièrement 'daté' entre autres détails...

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  7. @ Nush: Vous voulez dire que ce sont des choses qu'on ne fait plus ? ;-)

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  8. Si, si, on fait!
    Mais autrement: avec Klass...:-)

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  9. Je voudrais un article, je n'ai plus rien à lire.
    :-)

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  10. le pt'it Jean-Jacques15/9/08 15:52

    La GRANDE BOUFFE : ce film était déjà daté à sa sortie, en 1973 !Certains critiques avisés avaient relevé que la provocation ne suffisait pas pour aboutir à un bon film.
    Le temps leur a donné , nous semble-t-il, raison; personne ne s'extasie plus devant les Grande Bouffe.
    Ce film reste un témoignage sur la façon dont on cherchait à s'affirmer à contre-courant d'une pensée jugée "bourgeoise" qui nous aurait opprimés.
    Les soucis sont maintenant ailleurs: chômage, dégradation de l 'environnement, etc.
    Le p'tit JJ

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  11. le pt'it Jean-Jacques16/9/08 11:00

    NUSH n'a plus rien à lire; ou trop à lire,quand je déborde à pleines pages.
    1973,année de la Grande Bouffe : mai 68 était déjà passé par là , pas tout à fait assimilé,la France dite Pompidolienne pouvait encore être offusquée, mais les provocations faire déjà figure d'ado attardé, renforçant en fait le clan des réactionnaires qui pouvaient se gausser :"si c'est ça leur révolution..."
    FERRERI avait oublié qu'avant le cinéma,érotisme, pornographie, provocation, considérations amusées, tout cela s'était déjà exprimé et qu'il fallait du talent pour assurer la relève par le biais du 7ème art, talent dont il a manqué dans "la Grande Bouffe".
    Concernant le "pipi caca", RONSARD, 16 e siècle, avait écrit une "ode au pet"; pas facile à retrouver.
    Et les chansons estudiantines? Sur INTERNET vous trouverez "la Marseillaise des vidangeurs" , connue aussi comme "la pompe à merde".
    C'est du scato mais bien observé, côté contraintes corporelles auxquelles on n'échappe pas, et c'est sans prétention, surtout.Sans prétention : sans ces oripeaux pseudo-révolutionnaires que nous inflige FERRERI et ça peut être plaisant, amusant;sans plus,mais ce n'est pas ennuyeux; et ces chansons estudiantines rappellent à la modestie ceux qui prônaient la Révolution Sexuelle par tracts et écrits , croyant être les premiers.
    "Le plaisir des dieux":plusieurs générations l'ont chantée, et Pierre Perret l'a reprise sur un album récent.
    Mais quel éditeur republiera "DO IT"? Qui s'en souvient?Ouvrage d'un "hippy" américain ?On avait cela dans nos cartables, années 70...
    Ceux qui taxaient leurs aînés de rigorisme sexuel oubliaient tout simplement le risque de grossesse qui planait au-dessus des têtes des amoureux;la contraception n'a été possible en France qu'en 1967 !
    Le fameux slogan "faites l'amour, pas la guerre", est certes convaincant, quand on a le choix.
    Qui préfèrerait la guerre? Hormis quelques pervers?
    Nous lancions ce slogan, creusant un mur d'incompréhension, les Anciens Combattants ne comprenaient pas que l'on semble s'en prendre à eux dont la jeunesse avait été sacrifiée et bouleversée.
    Nous voici loin de la Fessée...l'Impératrice EUGENIE aurait-elle dû l'infliger à NAPOLEON 3 ? Pour le calmer et le dissuader de déclarer la guerre en 1870 : guerre perdue, esprit de revanche,2 guerres mondiales ...
    Une bonne fessée, la Paix, l'Amour...
    STOP...bien à vous...PJJ

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  12. le pt'it Jean-Jacques16/9/08 11:06

    MISE au POINT : On élève un mur d'incompréhension...ou on creuse un fossé...désolé.
    TARTE AUX POILS: cette expression désigne aussi une pratique sexuelle, je vous laisse chercher...déguster une tarte aux poils...c'est très imagé, mais de là à considérer que c'est poétique...Je l'éviterais, personnellement, au cours d'une conversation amoureuse. PJJ

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