06 septembre 2009

Comme nue contre le parapet de pierres sèches...

1188 - Brune, mince, une silhouette juvénile... C'est pourtant déjà une grande fille. Mais surtout une femme troublée qui monte dans sa voiture et démarre après avoir machinalement mis sa ceinture. Clic.

Elle hésite encore quand elle prend la route et quitte la ville, tête pleine de pensées en tout genre qui se bousculent.

Elle roule vers un homme inconnu ou presque qui va lui donner... une fessée ! Elle n'en revient pas de son audace et sourit...

Pas de planning, elle a prévu de passer du temps et peut-être la nuit avec lui...

Le rendez-vous de cette première rencontre (qui peut être la dernière s'ils ne se plaisent pas) est planifié pour la fin de matinée à plus de 200 km de là, ils ont prévu de se retrouver dans un endroit neutre pour déjeuner. Il fera lui aussi une distance équivalente pour la retrouver. En cas de déception, elle sera partagée !

Il lui a dit que "même si rien n'arrive", ce qui est possible s'ils ne se plaisent pas autant à l'un qu'à l'autre, "au pire ils passeront un bon moment..." un pire qu'il n'espère pas, c'est juste une façon de se rassurer.

Mais est-ce bien raisonnable ? Se ressaisissant, elle balaye ses angoisses matinales et sa boule au ventre d'un revers de main, sourire aux lèvres. Se poser la question, c'est aussi y répondre. On ne vit qu'une fois.

Et puis "raisonnable" résonne presque comme un mot grossier.

Quand même, c'est loin ! Les SMS sont parfois un moyen très efficace de sentir la progression des doutes ou certitudes... Elle en abuse, du coup. Le premier qu'elle envoie, pour dire qu'elle est partie sera suivi de plusieurs autres qui expriment son angoisse en temps réel. Pour un peu, il pourrait presque sentir son cœur battre même à 200 km de distance...

Puis à 100. Puis à 25... Puis tout près. Elle est arrivée. A repéré l'endroit où ils doivent déjeuner...

Lui a reçu ses SMS. Et puis l'a appelée. Deux fois. Elle est là, l'attend maintenant à quelques centaines de mètres de l'usine où il est venu pour un rendez-vous professionnel. L'utile à l'agréable. Le prétexte parfait. C'est à lui de la rejoindre, sitôt qu'il aura terminé son programme.

Alors pour lui aussi, une boule dans la gorge. Ils ne se sont jamais vus autrement que par l'intermédiaire d'une caméra, mais ont passé tant d'heures à se parler, se troubler, rire...

La seule question est: "le charme va-t-il se poursuivre, au delà de l'écran et ce passage du virtuel à la réalité ?"... Vaste sujet.

Ils se sont vus. Appréciés. Aimés aussi, mais c'est une autre histoire, déjà esquissée dans ces pages. Il se souvient d'un moment précis d'une promenade très longue - et qu'ils n'auraient pas voulu voir se finir - où ils sont arrivés au sommet d'un promontoire, dans un village désert, en fin de journée. Vue sur la vallée qui s'étale devant eux, au soir tombant. Brûmes, un peu de vent. Elle tremble. Le froid, seulement ?

Ils ne parlent pas. L'érotisme est latent, sous-jacent, très présent sans qu'ils ne fassent grand-chose pour s'en défendre. Dans une heure, deux peut-être, ils feront l'amour, et passeront la nuit ensemble... Elle s'est appuyée (arc-boutée, même) des deux mains sur un petit mur de pierres et regarde droit devant au loin, silencieuse. Il est venu juste derrière elle comme pour l'envelopper, la protéger. Appuie un peu son corps contre le sien. Son ventre effleure les fesses quasi offertes...

Tout premier contact entre deux êtres qui ne se sont pas encore apprivoisés... Il y en aura d'autres qu'ils ignorent encore... Mais celui-ci reste en mémoire. La photo de cette fille en Une ? C'était presque la même attitude, avec le visage un instant à demi-tourné... La même sauf qu'elle était habillée...

Mais il se rend compte qu'avant même d'avoir reçu sa première fessée, quelques dizaines de minutes plus tard, elle était déjà quasi-nue - au figuré - pour lui.

2 commentaires:

  1. Pas grand chose à dire après un tel récit. Ça m'a touché, tes mots, ton ressenti. Ça donne envie de vivre une histoire aussi jolie que la votre...

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  2. La vraie vie. Il n'y a que ça.
    J'ai toujours choisi de vivre au lieu de rêver. Sans regrets, ou amertume.
    Votre histoire est belle. Juste et belle.

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