29 novembre 2010

Non madame, je ne suis pas fou !

2034 - "Au secours !"

Doit-on prendre la fessée au sérieux ? Je lis sur les forums des explications parfois très alambiquées de gentils psys du dimanche qui me font rire ou fuir, au choix...

Des pages et des pages d'ennuyeuses analyses se voulant sérieuses, cherchant à expliquer l'inexplicable désir, mais sans une once de ce qui en fait le sel: l'humour.

Bref, on coupe les cheveux en quatre pour décrypter ce qui n'est parfois au fond qu'une pulsion immédiate, pas nécessairement justifiable. Ni quantifiable. Et c'est tant mieux. Inutile de chercher chez moi si j'ai des manques à combler ou des frustrations venant de l'enfance à réparer quand je fesse une femme adulte forcément névrosée et traumatisée pour se livrer avec moi à des jeux de domination et d'obéissance qu'on ne devrait plus pratiquer, une fois passées les affres de l'enfance...

C'est tout con. Je fais ça parce que j'aime ça ! Pas de raisons autres que l'envie de satisfaire des désirs épicuriens, parce que j'aime le corps à corps homme vs femme dans toutes ses facettes.

Je me souviens d'une soirée en Suisse, dîner d'après Salon du Livre à Genève, au cours duquel ma voisine de table, charmante trentenaire blonde scandalisée par des goûts sexuels que j'avais eu la navrante bêtise de lui laisser entrevoir, croyant à tort reconnaître en elle une partenaire éventuelle, a cherché pendant une heure à me convaincre que oui, j'étais un malade qui s'ignore devant consulter un psychiatre de toute urgence.

Un cas d'école, quoi !

Elle débitait ses certitudes avec tant d'aplomb en y croyant tellement qu'elle m'a même ébranlé, du coup... Oh, juste quelques instants, avant que je ne me réveille.

À l'entendre, souffrant de blocages forcément liés à mon œdipe non résolu, je voyais dans la fessée administrée aux femmes une évidente vengeance sado-masochiste envers une mère follement castratrice et ma passion culière liée à de fréquents désirs sodomites cachait obligatoirement une homosexualité refoulée de mauvais aloi.

Bref, j'étais très très atteint. Elle me parlait avec l'accent valaisan et des trémolos d'infirmière qui voit qu'on va perdre le patient sur la table d'opération... Et même de la pitié dans les yeux, démontrant une certaine empathie à mon égard. Parce qu'en plus, je crois qu'elle m'avait trouvé potable et "consommable" avant d'entrevoir l'étendue de mes vices.

C'est con, je la trouvais jolie aussi.

Impossible de lui dire que j'aimais ça juste par pure luxure et érotisme, il lui fallait une explication argumentée, une justification cartésienne en toutes choses... J'ai bien senti qu'elle cherchait à me remettre dans le droit chemin, c'était touchant... J'aurais mieux fait de fermer ma gueule, ça m'apprendra.

Vantard et vaniteux.

Vous imaginez bien qu'on n'a pas baisé, du coup. Suivant mes penchants sadiques qu'elle avait évoqués avec une mimique d'horreur suspecte, je l'aurais bien enculée euh, prise après une bonne fessée, mais ça n'aurait pas été raccord avec son fonctionnement à elle, je le crains.

On s'est quittés, la dame m'a parlé de son psy à 200 francs suisses la séance en me disant que le praticien faisait de vrais miracles et que mon cas n'était peut-être pas si désespéré... Que si je repassais en Suisse...

Vu la gravité de mes problèmes de cul, elle me promettait toutes affaires cessantes dès le lendemain matin de lui en toucher un mot, mon cas étant cliniquement intéressant. Pour moi, le bon docteur trouverait bien un rendez-vous dans son carnet pourtant plein pour les dix mois à venir, rempli de patients sexuellement traumatisés venant de l'Europe entière, et de pervers nationaux divers...

J'ai décliné poliment, elle a eu l'air déçue... M'a téléphoné quinze jours plus tard pour savoir si j'allais revenir sur les bords du Léman voir l'onéreux magic doctor, mais devant mon évident refus de me soigner, n'a plus donné signe d'intérêt à mon encontre.

Je ne sais pas si je dois regretter.

Je la croise, de temps en temps... Tous les dix ans. Le mois dernier, j'ai cru lire dans son regard que je n'était pas encore guéri.
Dessin © Emilianou22

6 commentaires:

  1. sujet intéressant ...

    L'histoire relatée, assez bien d'ailleurs il faut le reconnaître est celle d'une rencontre avec une personne qui considère que la fessée est un déviance sous entendant des gros problèmes psy...

    Tu en conclus:

    "C'est tout con. Je fais ça parce que j'aime ça ! Pas de raisons autres que l'envie de satisfaire des désirs épicuriens, parce que j'aime le corps à corps homme vs femme dans toutes ses facettes".

    Je pense que l'approche de la fessée est quand même un peu plus qu'un simple désir épicurien et sans tomber dans l'analyse psy, réfléchir sur ses besoins profonds d'adulte me paraît être une démarche intéressante et mature, maintenant bien sûr, on peut fesser aussi sans jamais se poser de questions, mais si c'était uniquement un désir épicurien, tout le monde se fesserait, tout le monde aimerait ça parce que tout le monde aime le plaisir, alors pourquoi avons nous le sentiment d'être autre ?

    Et je trouve déplacé d'associer l'idée de folie à une simple réflexion sur un comportement, rappel de la définition de ce qu'est la psychologie selon Wikipédia:

    "L'étude scientifique des faits psychiques, la connaissance empirique ou intuitive des sentiments, des idées, des comportements d'autrui et des siens, l'ensemble des manières de penser, de sentir, d'agir qui caractérisent une personne, un animal, un groupe, un personnage".

    et la phrase de Socrate:

    "Connais toi toi-même"

    Maintenant si la nana qui t'a parlé était soulante et qu'elle t'a rabâché les éternels clichés habituels, je comprends que cela t' ait "gonflé", fais gaffe quand même à force de gonfler comme ça, tu vas finir par décoller..

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  2. Soyons clair, le message ci-dessus est "paru" ailleurs, mais comme celle qui l'a envoyé est une habituée de la gomme et efface assez systématiquement ce qu'elle vient d'écrire, je l'ai repris en partie. Sans lui demander son avis.

    Pourquoi ? Parce que c'est suffisamment intéressant et que c'est précisément le débat, au-delà de l'anecdote et de ma petite personne, le sujet peut faire réfléchir exactement comme ce qui est décrit ci-dessus...

    Le débat est lancé...

    Pas la peine que ça tourne au règlement de compte.

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  3. Ce que je voulais dire en parlant de "désirs épicuriens", c'est que je ne cherche pas systématiquement à comprendre pourquoi j'aime les choses. parfois c'est juste parce que... C'est plaisant et que ça me fait tripper. Après on peut en déduire ce qu'on veut pour retomber sur ses pattes, moi, (parce que c'est moi qui écrit ces trucs) je vois ça comme ça. je me doute bien que certains se torturent le ciboulot pour comprendre leur moi profond, mais je suis un type simple, qui ne se prend pas la tête au-delà du raisonnable...

    On n'a pas forcément envie de tout expliquer par la psychanalyse, heureusement...

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  4. Personnellement je suis ravie que tu ais décliné son offre. Si tu l'avais accepté, un psy aurait peut-être réussi à ne plus te faire aimer ces pratiques là, et où donc pourai-je passer mes soirées plâtrée des pieds à la tête. Et puis Stan qui n'aime plus la fessée (entre autre) c'est plus Stan non?

    Je me souviens, qu'on m'a souvent posé la question sur le pourquoi j'aimais la fessée, sans que jamais je trouve une réelle et unique réponse. Certains exs ont essayé de chercher parmi les traumatismes de mon passé et d'y faire une corrélation qui n'était évidente que pour eux... Moi j'ai cessé de réfléchir, me disant que si j'appréciais cela autant en profiter sans réellement chercher le pourquoi du comment.

    Pis y a tant d'autres choses importantes dans la vie sur lesquelles réfléchir que je ne verrai pas pourquoi je me prendrai la tête pour un plaisir.

    (P.S. Une consultation psy à 200 francs suisses c'est pas si cher que ça au fait. Enfin en suisse...)

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  5. Et bien , moi , ça m'a longtemps torturée, cette envie là. et il y a toujours comme une bataille en moi entre le fait d'aimer ça et le "remord"... d'aimer ça. d'un côté , l'envie de les vivre et de l'autre la conscience que " c'est pas bien , pas normal".Lui ne se pose pas tant de questions. Il pense que je suis assez compliquée pour 2. Mais , en tous cas,je suis drôlement contente d'avoir trouvé d'autres personnes qui, elles aussi aiment ça et qui en parlent.:)

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  6. Ah oui, alors la femme est "forcément névrosée et traumatisée", mais vous, NOOOON, hein ! C'est juste parce que vous aimez ça ! MDR ! Moi non plus, je ne me pose pas la question, comme ça c'est plus simple !
    Ce qui m'intéresse, c'est le résultat : un couple qui après bientôt 19 ans reste très amoureux et ne s'ennuie jamais lorsqu'il n'y a ni famille, ni amis au programme...

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