09 février 2013

L'imaginaire avant le réel ?

   2927 - "Mériter la punition..."

En lisant la première fois sans savoir de quoi il s'agit, ça semble restituer un ressenti vécu... Mais ne vous méprenez pas, le texte qui suit a été écrit par une toute jeune étudiante que la lecture régulière de ce blog inspire au point qu'elle a couché pour nous sur le papier une petite nouvelle résumant ses envies du moment, non encore assouvies...

"... Pure fiction, hein", me précise-t-elle. Quelque chose qui n'a pas été vécu, donc de l'ordre du fantasme encore, mais ancré en elle et depuis un moment. Heureusement pas par curiosité opportuniste "parce que ce serait dans l'air du temps" avec ce battage orchestré autour des fameuses 50 nuances qui fait croire à toutes les femmes que la fessée serait devenu passage érotique obligatoire...

Bref, narré avec une précision prouvant qu'elle semble prête à franchir le pas, pour peu qu'elle trouve le mentor dépeint. Son "Grey". À elle. Sans nuances.

Car dans ces histoires où on sait exactement ce qu'on attend de l'autre, trouver le bon partenaire n'est pas le plus simple, on l'a tous expérimenté...

Confessant une première expérience "pour (sa)voir" qui s'est révélée "approchante, mais pas complètement", notre demoiselle se rend compte que le plus difficile demeure bien toujours d'être en osmose partagée avec les mêmes envies et les mêmes images, au même moment...

C'est là le hic. Niveau désirs, le masculin et le féminin comportent des nuances (encore) qui peuvent tout foutre en l'air si on est pas en osmose... Prendre le temps de se choisir.

Prudence donc. En attendant, enjoy...

PS: Ce n'est pas la première fois que le texte d'une autre vient remplacer ma prose le temps d'un post. Car j'aime vous proposer de temps en temps ici certains récits qui ne sont pas nés sous ma plume. Surprises arrivées sans crier gare dans ma boîte mail qui me touchent, tant j'apprécie que les lectrices inconnues prennent le temps de rédiger puis m'envoyer ces textes troubles qui leur parlent et leur donnent envie...

Soyons clairs, les passer ne signifie pas toujours qu'ils me ressemblent complètement ni que j'adhère au propos à 100%. Mais simplement que nous avons en commun certaines choses, à travers une petite musique passionnelle agréable à partager... C'est le cas ici.

Et je ne peux que vous engager à m'envoyer à votre tour vos écrits du genre, si vous en avez envie...

"C'est un samedi après-midi.

On est assis à la terrasse d'un café, il fait un beau soleil. On discute de tout et de rien, ça fait quelques temps qu'on ne s'est pas vus et on est heureux de se retrouver pour discuter, plaisanter, parler du sujet qui nous intéresse mais aussi de choses et d'autres.

Je viens de finir des examens longs et fatigants. Je suis contente d'avoir terminé, j'en ai réussi quelques-uns très bien mais d'autres moins, je sais que je devrai me concentrer davantage l'année prochaine. C'est le première après-midi reposante que je m'autorise depuis la fin des examens.

Bref on discute de tout et de rien, on rigole, c'est agréable.

Et puis arrivent deux superbes femmes, la trentaine, qui s'assoient à la table juste à côté. L'une d'elle se lève quelques minutes après s'être installée, vient vers nous et te demande, avec un sourire éclatant :

"Excusez-moi, je peux vous emprunter votre cendrier ?"

Tu lui tends en lui rendant ce sourire... "Bien sûr mademoiselle..."

Elle part en agitant ses beaux cheveux. Je n'aime pas ce genre de femmes. Trop belles, trop sûres. Elle rit fort avec son amie, tu les regardes de temps en temps, ça t'amuse de voir cette bonne humeur. Moi je ne suis pas à l'aise. La fatigue aidant, les tensions accumulées dernièrement font que je suis plus susceptible que d'ordinaire. Plus complexée, plus fragile un peu.

Tu me regardes. "Quelque chose ne va pas ?"

"Si si, il n'y a pas de problème." Un silence.

Tu me connais maintenant suffisamment pour savoir quand quelque chose me chiffonne.

"Tu es sûre ?"

"Mais oui, pourquoi t'insistes ? J'ai rien dit, quoi !"

Tu es étonné par cette façon de répondre.

"Pourquoi tu me parles comme ça ?"

Les deux filles à côté éclatent de rire. L'impression qu'elles se moquent de moi et de mes susceptibilités. Alors qu'elles sont plongées dans leur conversation.

"Je n'aime pas ces filles !", je te dis.

"Pourquoi ?"

"Je sais pas, tu les regardes, elles te sourient. Je t'ennuie, c'est ça ?"

Là tu n'es pas seulement surpris, tu commences à être un peu agacé par cette manière que j'ai parfois de plomber l'ambiance pour rien.

"J'en ai un peu marre que tu te renfrognes pour rien. On est bien, on discute et tu te vexes alors qu'il n'y a aucune raison à ça."

Je te réponds un peu vivement : "Arrête de me parler comme ça, je suis pas débile merci, mais j'aime pas sentir que tu trouves ces filles plus intéressantes que moi, plus épanouies..."

Tu t'énerves. "Mais de quoi tu me parles ? Pour deux trois regards, tu me fais une scène ? C'est de la jalousie c'est ça ?"

"Laisse tomber, j'vais faire un tour !"

Je prends mes affaires et je pars, vexée. J'ai l'impression que tu ne me comprends pas, que tu ne te mets pas à ma place. Je sais que j'en fais parfois trop, mais je n'aime pas quand tu ne cherches pas à comprends ce que je ressens, cette jalousie qui n'est pas une jalousie amoureuse, parce que ce ne sont pas sur ces rapports là que notre relation est fondée, mais la jalousie envers ces filles plus âgées, plus sûres, plus belles, qui ne doutent pas de tout.

Parfois j'aime quand je sens que tu me traites comme une môme. Parce que je sais qu'on est dans le jeu et que tu ne me considères pas comme ça dans la vraie vie. Mais parfois j'aime aussi sentir que je peux être au même niveau que ces jeunes femmes, rayonnantes. Je n'aime pas me sentir comme une petite fille à qui on ne parle pas, à côté d'elles.

Je marche et puis je réfléchis. Je me raisonne, je me dis qu'on s'est déjà disputés pour ça dans le passé, et que même si ça finit toujours par une fessée qui est voulue, qui fait du bien, eh bien je n'aime pas qu'elle arrive dans la vexation.

J'ai peur que tu ne veuilles plus jouer, que mes sautes d'humeur t'agacent pour de bon, au-delà de nos jeux. Bientôt une heure que je me promène. Je t'appelle, je ne t'appelle pas ? Je t'envoie un message. je ne veux pas encore entendre ta voix, je n'ose pas.

"Je suis désolée, je me suis emportée pour rien."

Quelques minutes plus tard (une éternité! je suis perchée à mon téléphone en attendant que tu répondes), tu m'envoies : "21h à l’hôtel, chambre 323."

L’hôtel, c'est celui où on a l'habitude de se retrouver, lorsque je descends sur Paris. Il est 17h. Je ne sais pas quoi faire. Je continue à me balader, je me change un peu les idées. Il est 20H30. Je suis devant l’hôtel. Cette fois c'est l'appréhension qui monte un peu.

Oh pas tellement de la fessée que je risque de recevoir, je sais qu'elle serait méritée et salutaire. Et qu'elle me ferait beaucoup de bien. Non, c'est plutôt l'idée que tu ne veuilles plus, que tu en aies assez au point de me punir... en ne me punissant pas, justement.

21h. Je toque à la porte. Tu ouvres. Tu as un visage plus fermé que d'habitude.

"Salut !", je te dis.

"Entre."

Je rentre, tu me regardes dans les yeux et tu me dis :

"J'en ai vraiment assez que tu me manques comme ça de respect, que tu te barres sans raison, que tu ne reviennes même pas pour t'excuser. Un sms ? C'est ce que tu appelles des excuses ? C'est trop facile. Ce soir je voulais t'emmener au cinéma, je voulais passer une bonne soirée avec toi, t'emmener dîner ensuite. Je vais y aller seul. Tu vas rester dans cette chambre, tu vas te doucher, te mettre en pyjama et te mettre au lit. Tu vas m'attendre et tu n'as pas intérêt à sortir de cette pièce. C'est compris ?"

"... Oui."

"Bien. A tout à l'heure. Et tu peux déjà préparer tes fesses. Parce que je te promets que tu vas recevoir la correction de ta vie, à mon retour. Tu l'as amplement méritée."

Tu prends ton manteau et tu sors rapidement. Lorsque tu fermes la porte, je suis encore debout, au milieu de la pièce, encore en manteau et en chaussures. J'avais anticipé le fait que les choses ne se passeraient pas si facilement.

Finalement, une bonne fessée, c'est simple, rapide, cuisant certes, mais c'est une solution de facilité. Alors que l'attente... Je me sens un peu idiote, sans trop savoir quoi faire. J'enlève mes affaires, je vais à la salle de bain. La douche a un effet apaisant, j'y reste longtemps puis je mets ma chemise de nuit.

Il n'est même pas 21h et je ne sais pas quoi faire. Je m'ennuie, je tourne en rond, j'imagine la suite, et puis cette appréhension qui monte m'empêche de trop vouloir imaginer ce qui va se passer. Je m'enfouis sous la couette, dans le noir, j'essaie de me détendre mais ça ne vient pas. J'ai comme une boule dans le ventre.

À force d'essayer de faire le vide, je m'endors comme ça, roulée en boule dans ce grand lit. Je suis réveillée par ta main qui me caresse la tête.

"Je suis là." Je ne sais pas quelle heure il peut être ni combien de temps j'ai dormi. Je te regarde, pendant un moment, encore à moitié somnolente, mais contente que tu sois revenu.

Mais... tu me redresses avec tes mains. Tout doucement mais fermement, tu m'amènes jusqu'à tes genoux. Tu me tiens assise sur tes genoux, contre toi. Tu me berces un peu puis tu me dis à l'oreille que tu n'as pas aimé ma façon de réagir aujourd'hui, que tu ne supportes pas les caprices et que je le sais très bien.

"N'est-ce pas ?"

"Oui", je te dis.

"Qu'est-ce que tu as mérité ?"

J'attends un peu, puis je réponds. "Une fessée."

"Une fessée comment ?"

"Une bonne fessée ?" je réponds, prenant le ton interrogatif que j'utilise souvent.

"Non, une fessée magistrale." Je frissonne un peu en entendant le mot. Puis je sens tes bras qui me retournent, je suis maintenant allongée sur tes genoux. Bêtement, je rabaisse ma chemise de nuit qui est remontée un peu au dessus des fesses pendant que tu me mettais en position.

"Oh, tu peux bien essayer de les recouvrir, mais elles vont se retrouver à l'air très rapidement, je peux te l'assurer !" 

Joignant le geste à la parole, tu soulèves cette chemise de nuit bien haut, au dessus des reins !

Puis la première claque tombe. Très forte, alors que je pensais que tu irais progressivement, cette fois. La deuxième. La troisième. Elles s'enchaînent assez rapidement. Je ne bouge pas. Je serre les dents. Tu continues. Ca commence à chauffer un peu. J'essaie de protéger mes fesses avec ma main. Tu l'empoignes aussitôt et tu la tiens derrière mon dos. Tu continues, un peu plus vite à chaque fois. Quelques gémissements s'échappent de ma bouche. Mes jambes remuent. Je suis encore tendue mais pourtant quelques larmes coulent déjà sur mes joues.

Je laisse sortir toutes ces tensions, ces énervements et ces craintes des dernières jours et des dernières heures. Tu sais que je pleure mais tu sais aussi que ça me fait du bien et qu'il faut que ça sorte. Mes jambes remuent beaucoup maintenant, tu places ta jambe sur les miennes. Tu m'entends pleurer de plus en plus mais tu veux aller au bout.

Tu ne t'arrêtes qu'au moment où les pleurs deviennent vraiment forts et où mes fesses sont suffisamment rouges.

Tu restes encore quelques secondes comme ça, à me maintenir, sans bouger, les fesses encore à l'air. Puis tu me relèves et tu me prends contre toi. J'enfouis ma tête dans le creux de ton épaule et je me laisse aller à mes larmes. Tu me serres bien dans tes bras.

Au fond tu aimes bien cette sensation. Que j'ai besoin de toi pour me sentir enfin apaisée et pour me libérer. Je m'endors comme ça, les fesses encore rouges et ma tête dans ta chaleur rassurante..."
Texte © CO2

9 commentaires:

  1. Réponses
    1. ça vous rappelle des souvenirs ?

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  2. Ellie Cieus14/2/13 11:03

    Ces derniers temps, je lis de plus en plus de toutes jeunes femmes sur les sites et blogs de la congrégation. Alors, je me dis - "Ouinnn, je ne pourrai jamais vivre cette expérience incroyable de commencer si tôt !…"

    Et puis deux secondes après je me dis – "Ouiiiii, mais si j’avais vécu cette expérience si tôt je n’aurai pas peu recevoir cette énorme surprise à un moment de ma vie ou je ne pensais pas qu'une aussi grosse surprise pouvais encore me tomber du ciel…"

    Et alors, 3 secondes après, je me dis Ouinnn…


    Bref, cette histoire me fait tourner en boucle !

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    1. Délicieux. De toute façon, ce sont des choses qui sont passées et qu'on ne peut pas revivre. Commencer tard, au fond, c'est mieux que de ne pas commencer du tout, je crois. Quitter le monde du fantasme pour passer dans le réel n'est toutefois pas toujours facile. C'est ce que je peux dire aux "toutes jeunes femmes évoquées", tiens. Et retrouver les conseils judicieux "à l'usage des demoiselles" dans le "vademecum" écrit par Mr No il y a des années...

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    2. On précise que ce texte implique que la fessée ne soit pas suivie d'ébats sexuels "classiques" (sic) comme souvent dans mes histoires qui ne dissocient quasiment jamais plaisir du couple et fessée. Ici, c'est une punition, la tendresse se borne à tenir la fille dans les bras en lui caressant les cheveux , voire les fesses, mais ça s'arrête là.

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  3. et bien, celà reste dans le ton de grey...et j'aime malgré certains aspects mièvres, le ton de ses cinquantes nuances.
    Un moment, mon cher Stan, que je n'ai posté sur ton site, mais je regarde toujours de loin ou de près ce qui se trame de croustillants dans ce monde rouge..nuancé hein ...

    Le succès de ces récits, ou de Grey (j'y perçoit une analogie)c'est ce qui se passe à l'intérieur, le pouvoir des mots, du silence aussi parfois..l'attente qui sublime le désir. L'alchimie saupoudrée de saveurs chaudes et froides pourrait se trouver au cœur d'une volupté recherchée dans ce plaisir de la fessée

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    1. Je sais que ça fait longtemps. Et d'ailleurs c'est dommage, les commentaires sont un lien intéressant entre celui qui écrit et ceux qui lisent... Mais votre absence puis ce retour "pour voir" illustre bien ce que je pense de ce jeu: parfois on s'en éloigne, parfois on passe à autre chose en croyant s'en libérer. Mais au fond quand on est "atteint" pr le virus à un moment de sa vie, rien à faire, on se croit vacciné mais on y revient toujours...

      Welcome back Aps ! Restez un peu...

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  4. Réponses
    1. Comme ce n'est pas de moi, je ne peux qu’acquiescer, évidemment. Un fort joli texte et surtout une "authenticité de désir" qui est très intéressante, je trouve...

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