16 août 2012

Ciel mon mari !

  2801 - "Chef de gare..."

Oh, ça fait plus de trente ans et il y a prescription. J'étais célibataire, un peu (beaucoup) en manque, un de mes copains me présente l'air de rien une grande blondasse incendiaire qui travaille avec lui dans le magasin de pompes de luxe dont il est le gérant. La fille me regarde très vite avec un oeil gourmand dans lequel tout le monde - sauf moi - pourrait repérer la luxure, le stupre et la fornication potentielle... Bref des intentions qui ne trompent pas, d'ordinaire...

Naïf et n'ayant pas reçu de carton, je ne m'en aperçois vraiment qu'au moment où seul avec la demoiselle chez moi deux heures plus tard, elle enfonce sa langue dans ma bouche jusqu'aux amygdales avant de se laisser tomber sur la moquette à genoux (l'habitude de lacer des chaussures au magasin) et de s'attaquer à la ceinture de mon pantalon.

On était cash et direct dans les années 80...

La seconde rencontre est prévue un après-midi chez elle cette fois trois jours plus tard. Ma nouvelle amie spécialiste de la pipe a pris sa journée et m'a prévenu qu'elle attend de pied ferme pour un deuxième round plus épicé...

Devant la porte, je tique un peu en apercevant une carte de visite avec "monsieur et madame" écrit en gros. À peine ouvre-t-elle la porte que je lui demande à brûle-pourpoint de quoi il en retourne. "T'es euh... mariée ?" 

"Ben oui... Et alors ?" me fait-elle en haussant les épaules, tout en me faisant entrer avant de refermer la porte avec un regard circulaire dans le couloir qui ne me rassure pas. Les voisins ?

Pas de raison de baliser, il n'est pas là, ce gars baraqué souriant dont j'aperçois une photo sur le buffet dans un joli cadre doré. Monsieur, VRP en produits viticoles divers et alcoolisés est parti en déplacement pour plusieurs jours, "t'en fais pas rien à craindre..." qu'elle me dit... Mouais, un peu refroidi et vaguement inquiet par cette situation imprévue, je me laisse entraîner vers la chambre à coucher où immédiatement elle recommence à s'intéresser à mon jeans, vite sur mes chevilles...

J'oublie le gars. Je fesse même un peu Madame qui glousse, surprise, puis enchantée par un jeu qu'elle ne connait pas du tout, habituée à des exercices horizontaux direct sans dire un mot. Je persévère et claque plus fort, elle se pâme. On tente quelques trucs, tâtonne un peu, je balade mes mains, lui cause cru, là encore elle glousse comme une poule qui trouve un ver et apprécie énormément, à sa grande surprise, d'être un peu "brutalisée" verbalement, une première.

Bref, ça marche pas trop mal et le représentant en vinasse quitte peu à peu mes pensées, je finis par l'occulter totalement au cours d'une bonne levrette qui dure... Je ne bois pas.

Vous me voyez venir ? Oui, évidemment en pleine action, panique à bord, on a entendu la clé tourner dans la serrure, "chérie, t'es là ?"; et j'ai passé un moment dans mes petits souliers, en plein vaudeville... Le mari, la femme, l'amant, un classique du genre.

Avec moi dans le rôle du con. À poil et en chaussettes, cherchant mon slip et mes fringues éparpillées fébrilement pour ne pas être davantage en position d'infériorité face à un mari heureusement davantage décontenancé devant la situation que violent...

Le gars avait oublié ses catalogues, je crois.

Un de mes copains avait connu un truc du même genre et s'en était sorti sans confrontation directe, passant du temps sur un balcon, à poil, la fenêtre fermée, sous le regard des gens de l'immeuble d'en face, avant de pouvoir décamper en douce une bonne heure plus tard, une fois l'autre reparti faire des courses...

Ça m'avait fait marrer. Avant...

11 commentaires:

  1. J'adore cette histoire mais je détesterais que ça m'arrive. à l'hôtel, y'a quand même moins de risques.

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  2. Alors ça, c'est le genre de situation qui fait toujours marrer jusqu'au jour ou ça te tombe dessus...Rire...
    Parce que bon..Gros moment de solitude quand tu te retrouves nez à nez avec le mari...Surtout quand il est para et qu'il rentre de mission plus tôt que prévu...
    J'ai vécu ça une fois...
    Ce jour là sans exagérer (ou alors à peine), je pense que BOLT aurait été loin derrière moi...

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  3. J'ai eu du bol, le gars ÉTAIT rugbyman, mais a perdu ses moyens, c'est presque moi qui l'ai consolé avant de m'éclipser et les laisser régler leurs comptes... Pour les paras, c'est un autre de mes copains qui avait une liaison avec une fille, du côté de Pau... Mais ils faisaient gaffe. Rien n'est arrivé.

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  4. Moi j'ai eu du bol mais grosse montée d'adrénaline quand meme...

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  5. C'est une très vieille histoire, j'avais à peine 20 ans et était flatté de voir cette fille plutôt pas mal et plus âgée (5 ans de plus que moi) s'intéresser à ma petite personne.

    J'aurais dû me renseigner un peu, ceci dit. Car la belle n'en était pas à son coup d'essai, j'ai appris bien plus tard que c'était un peu "un jeu" vaguement pervers entre elle et son époux, quasiment par tacite acceptation.

    Qu'en retiraient-ils, ça je l'ignore, par contre.

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  6. PS: Je crois inutile de préciser à mes amis lecteurs/trices que je ne suis pas "fier" le moins du monde de cette histoire fort peu glorieuse... Simplement, c'est arrivé. Sur le moment je l'ai pas très bien vécu et n'en ai retiré aucune gloriole.

    Mais je n'ai pas toujours le beau rôle dans ce que je narre sur ce blog. Le ridicule ne tue pas, ouf,parce que sinon, je serais mort à plusieurs reprises, je suppose...

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  7. Et je serais mort moi aussi en courant en slip dans la rue...rire

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  8. J'adore !!! A mourir de rire, un vrai vaudeville !!!

    Un jeu entre les époux..une excitation, du piquant dans leur couple simplement je pense...

    Mais c'est vrai que la situation devait être des plus...embarrassante et couper l'envie de recommencer...sans prendre ces fameux renseignements...

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  9. C'est une déduction avec le recul, évidemment. Sur le coup je n'avais pas trouvé ça drôle ai me suis davantage renseigné sur le statut des élues potentielles. Mais ce genre de vaudeville à la Labiche est plus amusant au théâtre qu'en vrai croyez-moi. à éviter , évidemment.

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  10. Si ça peut vous consoler, Scarron, celui du Roman comique, a dû passer la nuit dans un marais, un hiver du XVII° siècle, parce qu'il fuyait un mari jaloux. Il est en ressorti perclus de rhumatismes, tordu et moche. Et après ça, il s'est marié avec Françoise d'Aubigné. La même qui est devenue madame de Maintenon et qui s'est gaufré Louis XIV à la fin de sa vie.
    Pauvrette.

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  11. Sans que ça me console, Constance, j'ai été nourri aux "histoires d'amour de l'Histoire de France" depuis mon plus jeune âge et je connais bien Scarron... C'est sûr que si on commence avec les histoires de cul du passé, on a pas fini de s'amuser et surtout de constater qu'on a rien inventé en la matière: les fessées se donnent (et se reçoivent) depuis des siècles.

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