22 août 2012

Cinquante nuances de Grey...

  2816 - "Les Américaines s'enflamment..."

Voilà t-y pas que le SM prend de l'ampleur et qu'on en parle dans le grand public au Journal de 20 heures ? Avec un bon sourire, "restez avec nous, dans un instant, l'incroyable succès d'un bouquin de cul qui fait tripper les Ricaines !" en revenant sur l'étonnant triomphe planétaire du "neuf semaines et demie" du 21ème siècle, "Fifty shades of grey"... 
(sortie France chez J.C.Lattès en octobre 2012)

  
Fifty Shades of Grey ? Un roman érotique de l'Anglaise E. L. James. Premier d'une trilogie située essentiellement à Seattle, ce livre retrace la relation tumultueuse entre une jeune femme, Anastasia Steele et un homme d'affaire, Christian Grey. Steele et Grey, ça y va fort côté noms explicites. Dedans, le lecteur (et surtout aux USA, les lectrices, un phénomène qui ulcère les ligues de  vertus, très actives là-bas...) y trouvera des scènes érotiques décrites par le menu, on cause pratiques sexuelles impliquant la servitude, la discipline, le sadisme et le masochisme.

C'est la fête.

Qui lit ça ? Essentiellement des femmes anglo-saxonnes, qui font le buzz autour. Mères de famille, femmes respectables affolées par ce qui se passe dans ce bouquin érotique, dans lequel elles se délecteront en détail d'une relation pour le moins sulfureuse entre une fille de vingt-et-un ans et son "maître", Christian Grey, un beau multimillionnaire (forcément) branché cuir, menottes et martinet. Harlequin version "trou du cul"...

Consécration médiatique, qualifié de "porno pour mères de familles" par le New York Times, "Fifty shades of Grey est le premier ouvrage de ce genre que certaines lectrices ont osé acheter..." confirme Edward Nawotka, spécialiste de l’édition, comme en témoignent les milliers de téléchargement de l’e-book, pour lire en toute discrétion.

"Le succès du livre a déjà suscité beaucoup d'interrogations et de débats. D'abord au sujet de sa teneur érotique. Aux États-Unis, on parle de "mom porn", autrement dit de "pornographie pour maman", comme si ce livre avait fait sauter un verrou de pudibonderie chez l'Américaine moyenne. Mais la controverse porte surtout sur la fascination que suscite l'héroïne qui accepte de son plein gré de signer un contrat de domination/soumission avec un homme, contrat dans lequel il est spécifié qu'il n'y aura pas de relations amoureuses entre eux mais seulement des rapports sexuels ! (là réside d'ailleurs le suspense: vont-ils finir par s'aimer?)" © le Figaro

L’auteur s’est inspirée de la relation d’Edward et Bella de "Twilight" pour créer ses personnages... Mais au début c'était une sorte de pastiche utilisant les recettes d'autres, personne - et surtout pas elle - ne croyait à un succès éditorial potentiel... La voilà riche.

Bon, heureuse femme. Mais j'ai peur d'avance: une adaptation cinématographique est déjà en projet. Sans Lyne, Basinger et Rourke, hein... Les deuxième et troisième tomes de la saga sont intitulés Fifty Shades Darker et Fifty Shades Freed.

Sur le plan pratique, va savoir si ce n'est pas la chance des timides, de celles et ceux qui "n'osaient pas" ? Parce que dans les mois qui arrivent, on va en causer partout, les ventes de menottes et de cravaches vont exploser, bref, la fessée sera furieusement "tendance" par chez nous...

Ce sera toujours ça de gagné. parce que pour le reste...

4 commentaires:

  1. Il y a quelques semaines, le Nouvel Obs faisait paraître un article de la même veine que le Figaro, mais dont la conclusion m'a fait doucement ricaner : "Etre réduite en esclavage par un petit mec sadique et capricieux qu'on est condamnée à aimer, Fifty Shades of Grey est avant tout un roman sur la maternité".Vu sous cet angle, ça sent pas vraiment le souffre. Nul doute qu'on va en reparler ici et ailleurs.

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  2. Difficile de résister à la tentation de lire un livre dont le sujet me tient tant à coeur, d'autant qu'il me nargue en devanture de chaque kiosque, Relay... La critique n'est pas élogieuse, mais je préfère me faire ma propre opinion. Combien de fois n'ai-je pas partagé l'avis "des autres" tant en matière de littérature que d'un tas d'autres choses d'ailleurs?! A commencer par mon idée du prince charmant, rire! Quelle nana saine de corps et d'esprit peut rêver de se faire fesser, non mais franchement?!
    Alors, ce bouquin, euhhh, comment dire?.... Ben oui, hein, c'est vraiment de la littérature de gare avec pour toile de fond un univers érotique SM.
    Un peu difficile d'adhérer à l'histoire quand on a passé l'âge de tous les possibles, parce que, ok, ils sont jeunes (21 et 27 ans), mais bien évidemment, lui est le plus bel homme de la planète, élégantissime, richissime, merveilleux danseur, pianiste émérite à ses heures perdues... Il l'amène chez lui en hélico, file la rejoindre dans son jet privé... P'tain, moi qui m'estimais plutôt bien accompagnée, j'ai comme un doute, tout à coup! Me d'mande si j'vais pas finir par trouver chéri banal, voire insignifiant, éclat de rire! Et avec ça, excusez du peu, il baise mieux que personne ! Enfin, faut préciser que c'est son first one. Voyez, Stan, avec vos galets d'Etretat, vous tenez le début d'un best seller! Vous reste plus qu'à raconter qu'en fait, la fois suivante, vous vous êtes réellement arrêté sur le bord de la route pour lui strier les fesses avec une badine de noisetier. Ce ne sont pas les histoires d'extérieur qui vous manquent. Et ensuite, vous devenez son amant, là encore, des récits, vous en avez quelques uns... Et tellement mieux écrits que Fifty shades of Grey!!! Et non, non, ce n'est pas une question de mauvaise traduction! Je suis allée me plonger dans la version anglaise pour m'en assurer. Y'a pas à dire, c'est très mal écrit!
    La première fessée n'arrive qu'aux 2/3 du pavé de 560 pages (hé oui, tout ça pour ça!). Mais là, après tout, rien à dire, car il est vrai qu'amener quelqu'un à son fantasme alors que ça lui est totalement étranger, ça peut prendre du temps... Quand ça marche. Et là, d'ailleurs... 6 bons coups de ceinture auront raison de leur idylle, snifff !
    La suite in english, ou le 3 janvier prochain en français.
    Mais, ce qui me dérange, ce n'est pas d'avoir passé la nuit à lire cette mièvrerie. Ce qui me déplaît, en fait, c'est de voir mon univers érotique banalisé par ce roman qui circule entre tant de mains. Non seulement, je ne suis pas pour le prosélytisme en matière de fessée, mais j'aime l'idée de fréquenter des chemins écartés, bien loin des voies à grande circulation. S'agirait pas que tout le monde se mette à la fessée, ça perdrait de son charme, non?... Et puis, ce regard entendu qu'il me jette discrètement en public, entre amis, en famille, lorsque je dis ou fais un truc qui lui déplaît un peu et qui transforme ce qui aurait pu devenir un sujet de discorde en excitation réciproque, ceux qui auront lu ce bouquin ne vont-ils pas désormais décrypter notre petit jeu ?...

    En revanche, ce qui ne serait peut-être pas pour vous déplaire, on peut imaginer que la fréquentation des blogs sur le sujet va augmenter, du moins dans un premier temps. Vos outils statistiques le diront peut-être...

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    1. Belle analyse So, bien argumentée et conforme en tous points à ce que je pensais, mais pour autant, je ne crois pas que ça changera grand chose. C'est un épiphénomène très anglo-saxon et je ne suis pas certain que nos âmes latines se ruent sur ce livre opportuniste, au bon endroit au bon moment, ce qui ne veut rien dire sur la qualité du dit bouquin, comme de juste. J'espère bien que ce sera un flop ici.

      Alors soyons clair: merci de l'avoir fait pour nous et corroborer ce que j'avais déjà lu ailleurs. C'est vrai que pour en parler et avoir un avis de fond il faudrait se le fader, mais je ne le lirai pas. Je n'ai pas plus que vous et que beaucoup de lectrices du blog ce besoin de frissonner en flirtant avec l'interdit puritain que semblent avoir eu les ménagères américaines pour réserver un tel accueil à ce Barbara Cartland du cul.

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  3. "Sur le plan pratique, va savoir si ce n'est pas la chance des timides, de celles et ceux qui "n'osaient pas" ?"

    Pas certaine que la lecture du bouquin aide les timides à franchir le pas. Parce que le sublime Grey est tout de même décrit comme "un cinglé" qui a vécu une prime enfance des plus traumatisantes avec une "mère prostituée accro au crack" qui s'est suicidée lorsqu'il avait 4 ans... Il estime qu'il "ne mérite pas d'être aimé autrement qu'en étant battu, fouetté... et est donc lui-même incapable d'aimer". Aussi, il "ne fait pas l'amour, il baise brutalement". Et celles qui se prêtent à ses jeux ne sont que des "pauvres soumises qu'il n'aime pas mais qu'il utilise comme des jouets".
    Au début du 2ème tome, il réalise qu'il est amoureux d'Anastasia et est prêt à renoncer à ses pratiques SM pour lui faire l'amour façon vanille, comme le font ceux qui s'aiment vraiment, of course!

    Wahouu, lourd le tableau du gars qui a de telles pratiques sexuelles !!! Finalement, c'est plus grave que je ne le pensais et va falloir que j'envisage très sérieusement d'aller consulter un psy, rire!


    Et pour ce qui de votre souhait qu'ici ça fasse un flop, euhhh, 100 000 exemplaires vendus dans les premières 48 heures, je souhaite à vos prochains albums de faire le même genre de flop, hein!
    Rahhh, l'effet du battage médiatique!...

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